Cœurs vaillants

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Le lundi 08 décembre 2008 à 17:43
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe

Alors que les premiers bénéficient encore d’un flux de secteur Ouest d’une vingtaine de nœuds mollissants, les poursuivants sont déjà sérieusement ralentis par une dorsale anticyclonique tandis que les « retardataires » attendent l’arrivée d’une nouvelle dépression pour mardi soir… Les écarts vont encore s’accroître !  

 Pas le temps de se reposer sur ses lauriers, au contraire ! C’est lors de ces phases de transition entre le passage des perturbations de l’Océan Indien que les leaders peuvent faire le break en profitant encore d’un flux soutenu d’Ouest pendant que les chasseurs doivent prendre leur mal en patience dans un régime anticyclonique nettement plus mou. Et en ce lundi après-midi, les vitesses sur l’eau indiquent bien que le différentiel est conséquent (près de 30% !) entre la tête de flotte à plus de quinze nœuds et le « ventre mou » du peloton à une dizaine de nœuds… Et la situation est pire pour les trois derniers, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), à sept ou huit nœuds !

 

Cent fois sur le métier…

Cette « pause météorologique » est paradoxalement un moment capital pour les solitaires selon leur position sur l’eau : il est toujours plus aisé de prendre un ris que de le renvoyer, de rouler le gennaker que de hisser le spinnaker ! Or c’est bien cette réactivité qui fait toute la différence : garder du jus quand on a passé un week-end à se faire rincer en permanence à plus de dix-huit nœuds de moyenne, mais sous voilure réduite, pour passer à une configuration plus pointue sous grand voile haute et plus de 450 m2 de spinnaker, n’est pas facile… Surtout quand il reste encore des grains et de mauvais cumulonimbus qui traînent encore à l’horizon. C’est le moment pour les leaders de s’échapper pour ne plus être dans le même système météo que leurs poursuivants.

 

Savoir aussi trouver sa voie en approche de l’archipel des Kerguelen, réputé pour provoquer bien des chaos sur une mer déjà bien ondulée : l’air de rien, ces îles australes prennent de la place sur l’échiquier et vont au fil des deux jours à venir, limiter les possibilités tactiques. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) emmènent un pack au Sud du 48° Sud mais doivent faire plus attention à la présence de glaces dérivantes sur le 53° Sud, avant l’île Heard. Sébastien Josse (BT), pourchassé par Yann Eliès (Generali), préfère ne pas se poser cette question et reste calé sur le 46° Sud, soit à plus de cent milles sur la même longitude. Dans l’immédiat, cela ne porte pas à conséquence puisque tout le groupe de tête naviguent dans des brises similaires, mais cela pourrait bien changer la donne quand les hautes pressions vont progressivement s’installer dès la nuit prochaine...

 

DBo.