Reprendre le fil…

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Le mardi 09 décembre 2008 à 20:28
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe

La dorsale anticyclonique qui a d’abord ralenti le milieu de la flotte hier, puis la tête de course ce mardi, a permis à presque tous les skippers de faire le point sur leur hiérarchie, et parfois de remettre en route certains petits détails qui plombaient la vie de tous les jours. Il faut maintenant revenir dans le match pour aborder l’archipel de Kerguelen… 

La journée d’hier et celle d’aujourd’hui ont marqué les esprits, même si la hiérarchie n’a pas été franchement bouleversée, à l’exception de Yann Eliès (Generali) qui a confirmé à la vacation qu’il avait pris un sérieux coup au moral. Le Briochin n’était pas très content de son positionnement au Nord de la flotte et en partant à 80° de la route ce mardi soir, il a de quoi s’inquiéter d’un retour imminent du groupe des « chasseurs ». Car c’est reparti à belle allure pour le triumvirat Marc Guillemot (Safran), Dominique Wavre (Temenos II) et Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) : les trois compères flirtent avec les seize nœuds et plus, poussés par un bon flux de Sud-Ouest.

 

Au Nord des Kerguelen ?

De quoi remettre du baume et revenir sur un groupe de tête qui a finalement décidé de se regrouper avant d’aborder le délicat passage de l’archipel austral : au vu des trajectoires, l’option de déborder par le Nord, les Kerguelen semble se dessiner, même si elle s’avère un peu plus longue. Le danger de s’engouffrer dans le goulet de l’île Heard doit faire réfléchir, et quand il y a incertitude sur le choix, les solitaires préfèrent souvent rester au contact plutôt que de se fourvoyer dans un étroit couloir ou de risquer une avarie dans un coin pour le moins, mal famé…

 

Toujours emmené par Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), les leaders reprennent des vitesses plus conformes à leur statut mais sont tout de même moins véloces (de deux nœuds et plus), que leurs poursuivants : les écarts se sont amenuisés surtout d’ailleurs en latéral, avec une soixantaine de milles entre Sébastien Josse (BT) le plus au Nord, et Roland Jourdain (Veolia Environnement), le plus au Sud. Le coup de « pompe mental » constaté chez certains coureurs à la vacation indique aussi un état de fatigue avancée, à force de naviguer proche des limites de résistance des corps et des âmes… Mais le moral est comme la mer : il ondule au fil des dépressions et des ciels plus cléments ! Pour Loïck Peyron (Gitana Eighty) par exemple, cette journée a été l’occasion de remettre en ordre son gréement, en particulier sa drisse de gennaker, une voile de portant indispensable pour la suite des évènements.

 

La nuit porte conseil, et il en faudra pour demain mercredi à moins de 600 milles de l’archipel austral. Concilier tactique rapprochée et stratégie à long terme est le challenge de ce milieu de semaine. Reprendre le fil de la course, remettre en place les esprits, retrouver le bon tempo pour un atterrissage sur les Kerguelen qui annonce par le Nord, un flux modéré de secteur Ouest, et par le Sud un régime plus musclé (voir agité) avec du Sud-Ouest puis du Nord-Ouest… L’heure est à la remise à plat !

 

DBo.