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Ce qu’ils ont dit pendant le Live…

Bernard Stamm 2012
© Jean-Marie Liot / DPPI

Bernard Stamm (SUI, Cheminées Poujoulat)
C’est calme au portant. Il y a 10-11 nœuds de vent. C’est tranquille. Ça laisse l’occasion de bricoler. Pour l’instant, j’ai récupéré la colonne de winch. Je ne t’explique pas le chantier. Les chaînes ont à moitié rouillé. Il y en a partout dans le cockpit là ! Il faut vite qu’il y ait du vent de nouveau et que la flotte vienne rincer tout ça. C’est Saigon là ! Je viens de terminer (la réparation de la colonne). Avant, j’ai manoeuvré avec les winchs. Du coup je suis devenu Arnold (ndlr : Schwarzenegger).

La grande brune (ndlr : Claudia, cyclone tropical qui est devenu une dépression polaire) a été très en dessous des espérances. Il y a eu du vent mais sans plus et il n’y a pas eu d’orages. Elle arrive à bout de souffle la mémère… Là il ne fait pas froid du tout, il doit faire 15°C.

Il y a des situations où tu ne sais pas de quoi va être faite l’heure qui suit. Là, j’avais tout en vrac sur le pont et derrière moi, un orage. J’ai continué à réparer la colonne et finalement l’orage ne m’est pas venu dessus.

J’ai mis un peu la course entre parenthèses pour profiter de la molle et faire le maximum de choses. Là, je ne suis pas loin d’empanner mais je ne sais pas quand je vais passer la prochaine porte.

François Gabart (FRA, MACIF)
Ça va, on a des conditions plus faciles que lors des derniers jours. On va un peu moins vite mais ça fait du bien. J’ai réussi à toucher un peu de vent et là c’est reparti. C’était assez instable aujourd’hui. Je ne m’attendais pas trop à ça, à cet endroit-là. Ce n’est pas plus mal que ce soit instable entre 10 et 30 nœuds plutôt qu’entre 20 et 50.

(Sur les chutes de neige) Ça fait quelques jours que dans les grains on a de la grêle principalement et des flocons en fin de grain. On sent vraiment la différence au niveau température entre avant les grains et après où il fait vraiment plus froid, avec 3-4°C.

(Sur ses voiles) Avec les voiles d’avant, j’essaye de changer le moins possible. Je n’ai pas renvoyé le spi quand il y avait 12 nœuds parce qu’une demi heure plus tard il y avait 25 nœuds. J’essaye de trouver un gennaker qui va bien partout.

Depuis 24 heures, ça va beaucoup mieux, le bateau bouge beaucoup moins. Quand ça secoue, on arrive à se reposer, on prend sur soi, même si ce n’est pas simple. Les cinq derniers jours ne sont pas les jours où j’ai le plus dormi sur le Vendée Globe.

On s’échange quelques mails avec Armel. Ça fait quelques heures, voire une journée, qu’on ne s’est pas envoyé quoi que ce soit. On ne s’est pas non plus envoyé des romans, c’est difficile de taper sur le clavier. On est allé à l’essentiel.

Jean Le Cam (FRA, SynerCiel)
Ça va, ça va, il fait de plus en plus froid et on a des vents assez soutenus. On passe de pas de vent à beaucoup de vent. Là on a un ciel de traîne avec une mer formée.

Il y a de grosses vagues, on est un peu sous-toilé parce qu’on a des vents soutenus - 33-38 nœuds - mais là ça mollit un peu et je suis à 80 milles de l’entrée de la porte (ndlr : Australie Ouest). Comme ça c’est fait, on fait une petite croix sur le calendrier.

Devant ils nous mettent un caramel, derrière on leur met un caramel, au final tout le monde met un caramel à tout le monde. Les écarts qu’il peut y avoir sont assez étonnants.

(Sur l’issue de la course) Il ne faut jamais perdre espoir, surtout sur un Vendée Globe, on ne sait jamais ce qui peut se passer, je suis bien placé pour le savoir. Chacun fait sa course, on comptera les points à l’arrivée. L’important, c’est de finir. Bien malin celui qui dira qui peut gagner le Vendée Globe aujourd’hui. Celui qui se risque à ce genre de jugements est proche d’un imbécile.

Jérémie Beyou (FRA, Maître CoQ)
(Au sujet de son abandon) J’ai tapé quelque chose quelques jours plus tôt. Le vérin a fait office de fusible, ce qui signifie la fin de la course. C’est une grosse déception mais heureusement que cette pièce a cassé sinon ça aurait été la quille et ça aurait touché la structure du bateau. J’ai ramené le bateau en un morceau et j’ai la chance d’avoir des partenaires fidèles avec Maître CoQ. On était un peu en retard au démarrage pour ce Vendée Globe mais pour le prochain, on sera bien en avance (ndlr : leur partenariat a été prolongé avant le départ jusqu’au prochain Vendée Globe). Mais ce n’est pas de moi dont il faut parler. Avec les photos et les vidéos qu’ils (ndlr : les skippers) envoient, on ne se rend pas compte à quel point ça peut être pénible.

Mike Golding (ENG, Gamesa)

J'ai eu un problème avec le bout d’enrouleur du code zéro. Il était coincé. La voile s’est déroulée et flappait au vent. En plus, j’étais sous grand voile au moment où la dépression est arrivée. Cela faisait beaucoup de toile et le pilote automatique ne pouvait pas le gérer. C’était un peu le désordre à bord.

Dans une telle situation, il n’y a pas beaucoup de solution. Je ne pouvais pas enrouler la voile à cause du bout d’enrouleur. J’ai donc dû réduire la pression exercée sur le bateau et il s’est couché. J’ai réussi à le remettre droit grâce à la quille. J'ai dû très rapidement faire un peu de couture sur le bout pour enrouler le code zéro.

Tout est rentré dans l’ordre. J’attends maintenant des bonnes conditions pour pouvoir avancer.

Nathalie Renoux (journaliste M6)
Il y a l’intérêt pour la course mais aussi pour l’aventure humaine que vous vivez, c’est ce qui intéresse les gens. Quand on se rappelle du dernier Vendée Globe, tout avait été bousculé avec la remontée incroyable de Michel Desjoyeaux, donc tout peut arriver.

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