Coup dur pour les Suisses

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Le samedi 13 décembre 2008 à 17:15
© TAAF / Vendée Globe

En moins de 24 heures, les deux navigateurs helvètes de ce Vendée Globe ont été victimes d’avaries sérieuses. Dominique Wavre est hors course depuis qu’il a atteint Port-aux-Français à 13h30 samedi pour réparer sa tête de quille cassée. Et Bernard Stamm n’est pas très optimiste sur sa capacité à réparer seul les articulations de ses safrans endommagées. En tête, Jean-Pierre Dick conserve la main devant le duo Jourdain/Golding, ex-æquo à 41,1 milles. 

Pour gagner le Vendée Globe, il faut d’abord le terminer ! Cette Lapalissade rappelle surtout à quel point le Vendée Globe reste la plus éprouvante des courses au large en solitaire, aussi bien pour le marin que pour sa monture. Une course à élimination. La casse fait partie intégrante des risques auxquels sont confrontés les solitaires. C’est une véritable épée de Damoclès qui, à chaque choc dans une vague, à chaque sortie de route, peut s’abattre irrémédiablement. Après un choc avec un mammifère, Marc Guillemot (Safran) a raconté avoir vécu une grosse frayeur. D’autres solitaires comme Eliès, Dejeanty, Thompson ou Malbon ont relaté récemment d’inquiétants empannages involontaires qui peuvent se traduire par des casses importantes. La mer furieuse et désordonnée, avec des creux de 6 à 8 mètres, peut envoyer n’importe quel bateau au tapis.

 

Neuvième avarie
Si Bernard Stamm ne peut réparer seul ses safrans, cela portera à quatre le nombre de concurrents hors course en moins d’une semaine après le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia, safran), dimanche, Loïck Peyron (Gitana Eighty, démâtage), mercredi et le Suisse Dominique Wavre (Temenos II, quille) aujourd’hui. Et à neuf depuis le départ après Bestaven, Pavant, Thiercelin (démâtages), Thomson (structure) et Beyou (gréement). Stamm, qui avait fait demi-tour après le départ suite à une collision avec un cargo, n’est pas très confiant quant à sa capacité à réparer. Les articulations de ses safrans sont composées de roulements à crayons. Ces crayons sont écrasés, cassés. Le Suisse a mis le cap sur l’Australie avec la possibilité de s’arrêter en cours de route aux Kerguelen si besoin. A 16h, ces îles françaises qui font partie des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) étaient distantes de 230 milles dans son nord-ouest.

 

En escale
Dominique Wavre, pour sa part, est arrivé aux Kerguelen samedi à 13h30 et a déclaré son abandon peu après. Il compte y réparer provisoirement sa quille afin de rejoindre plus tard l’Australie avec un appendice bloqué en position verticale. Mais le marin helvète attendra pour cela que le très mauvais temps prévu sur zone dans les prochaines 48 heures soit passé.

 

Mers hostiles
Du brouillard, des températures glaciales ou des grains à 60 nœuds. Chaque concurrent décrit l’atmosphère dans les 50es Hurlants à sa façon. Seul point commun, l’aspect à la fois inhospitalier et magique de ces latitudes australes peuplées uniquement d’oiseaux marins, de poissons et d’icebergs. En tête de course, Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) s’affirme en nouveau patron de la course. Mise à part l’incursion en tête de Sébastien Josse (BT) sur un classement mercredi, le skipper niçois mène la flotte depuis maintenant une semaine. Sans faire de bruit, Roland Jourdain (Veolia Environnement) et Mike Golding (Ecover) restent à porté de fusil du leader. Si les écarts se sont accentué par l’avant, les dix premiers se maintiennent encore dans un rayon de 300 milles. Rien de majeur après 34 jours de mer…


 L.L.B.