Grand écart

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Le samedi 13 décembre 2008 à 21:37
© Jacques Vapillon / DPPI / Vendée Globe

Le groupe de tête creuse doucement son avance. Samedi soir, seuls les six premiers ont avalé plus de 400 milles en 24h, à plus de 17 nœuds de moyenne. Jean-Pierre Dick, leader depuis une semaine, impose un rythme infernal à ses poursuivants que tous ne peuvent ou veulent suivre. Quant aux deux derniers ils n’ont parcouru que 200 milles sur la même période. A peine la moitié. Mais à 3000 milles derrière, Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek viennent juste de franchir la longitude de Bonne-Espérance. Les systèmes météo sont bien différents… 

Est-ce l’effet élastique ? Un coup d’accordéon ? Les écarts sont-ils appelés à se resserrer au prochain passage de dépression ? Toujours est-il que depuis plusieurs jours les écarts ne cessent de s’accroître par devant. Ils ne sont plus que quatre concurrents (Dick, Jourdain, Golding et Desjoyeaux) en moins de 100 milles contre dix le week-end dernier. Vincent Riou, 7e, pointe samedi soir à 239 milles et Yann Eliès, 10e, à 327 milles. Ces marins-là, comme Jean Le Cam et Sébastien Josse, ne veulent pas suivre le rythme imposé par les leaders. Préserver le matériel est leur credo. Les avaries successives de Basurko, Peyron, Wavre et Stamm cette semaine semblent leur donner raison. D’un autre côté, dans l’éventualité qu’ils aient justement raison et que les premiers appuient trop sur le champignon, on peut penser que, sur l’ensemble, tous ne casseront pas. En laissant échapper quatre ou six concurrents sérieux, c’est la victoire aux Sables d’Olonne qui s’éloigne avec eux. Cruel dilemme de ce 6e Vendée Globe. Nul ne peut nier que cette course, qui restera toujours une aventure humaine et technologique magnifique, est également devenue une régate planétaire d’une intensité inouïe. Avec un tel plateau de concurrents au départ cette année, on s’y attendait un peu, sans pour autant préjuger de l’incroyable scénario qui se déroule actuellement. Dans les 50es Hurlants, alors que la première tempête arrive sur la flotte cette nuit, deux cultures s’opposent à l’autre bout du monde. Les agressifs contre les conservateurs. L’arrivée aux Sables fin janvier révélera qui avait raison…

 

L.L.B.