Des chiffres et des lettres
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Le jeudi 18 décembre 2008 à 11:06« Les poursuivants vont subir le front froid de D2 qui perdra son activité pendant que D3 se profile déjà sur la queue de peloton. Une chose est sûre, les temps de répit seront de plus en plus faibles… » Quand un météorologue commence à nommer les centres dépressionnaires D1, D2, D3, etc. c’est le signe qu’il ne fait pas forcément bon être en mer.
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Les dépressions se suivent et se ressemblent : d’abord le vent qui s’oriente au Nord-Ouest, qui monte en puissance jusqu’au passage du front chaud. Et brutalement, quelques heures à peine derrière, la saute au Sud-Ouest, la mer désordonnée, la crainte d’une vague scélérate qui bousculera la hanche arrière du navire et l’enverra cul par-dessus tête… Avec en filigrane, la crainte de la blessure ou de l’avarie qui handicapera la suite de l’aventure.
C’est la mésaventure qui est arrivée hier à Sam Davies (Roxy) : alors qu’elle déplaçait un spinnaker sous son cockpit afin de mettre des poids sur l’arrière en s’agrippant à un des rabans du sac à voile, celui-ci a cédé, projetant la navigatrice contre le support de colonne de winch, coude en avant… Sous le choc, Sam tombait dans les pommes quelques instants. Après diagnostic effectué en liaison avec Jean-Yves Chauve, la navigatrice constatait un gros hématome et surtout une déficience alimentaire certaine : " je ne mange pas assez et il faudra que je surveille de près ma consommation par rapport à l'énergie dépensée. Au cas où vous vous poseriez la question, le bloc de transmission va bien..." Comme quoi, on peut subir des avanies et conserver un certain sens de l’humour.
A grande vitesse jusqu’au Pacifique
Pour l’heure, les premiers continuent de caracoler en direction de la deuxième porte australienne qui devrait marquer symboliquement leur entrée dans le Pacifique. Jusqu’au Sud de la Tasmanie, la flotte devrait rester sous ce régime dépressionnaire puissant qui malmène les bateaux et les hommes… Sauf impondérables, les positions ne devraient pas évoluer sensiblement jusqu'à l'entrée dans le Pacifique. Savoir durer, placer le curseur au bon endroit entre vitesse et sécurité, tel est le dilemme qui agite les concurrents de Vendée Globe 2008-2009. Au Sud de la Mer de Tasman qui sépare la Tasmanie de la Nouvelle-Zélande, quelques hautes pressions devraient donner l’occasion aux concurrents de souffler un peu. Mais Sylvain Mondon, le consultant de Météo France prévient : « Le franchissement de cette zone de hautes pressions devrait permettre de jouer quelques coups météos et peut-être de redistribuer quelques cartes… » Comme quoi, la course au large est impitoyable : les corps vont peut-être pouvoir se reposer mais commencera de nouveau le remue-méninges…
PFB
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