Vendée Globe

L’attente

L’attente
© François Van Malleghem / DPPI / Vendée Globe
Le 18 décembre 2008

C’est un moment terrible. Passé le temps des décisions, tout est en place pour venir au plus vite à la rencontre de Yann Elies. La frégate de la Marine Australienne est en route à plein régime pour rejoindre le navigateur en détresse, Marc Guillemot (Safran) ne ménage pas sa peine pour remonter au nord sur Generali quand Sam Davies (Roxy) annonce avoir mis sa course entre parenthèses tant que Yann ne sera pas en de bonnes mains. Tout est en place mais la course contre le temps qui passe est peut-être la plus difficile à vivre.

Chacun le sait : Yann vit pour le moins des heures difficilement imaginables même pour ceux qui tentent de se mettre à la place du navigateur meurtri. Pour lui, il s’agit de tenir, de serrer les dents, de garder la lucidité nécessaire quand on sait que tous les moyens possibles ont été mis en œuvre pour venir au plus vite à son secours. Bien sûr, le fait de savoir que son équipe est mobilisée pour lui apporter tout le soutien moral possible, que l’organisation s’est démenée pour trouver les solutions opérationnelles les plus efficaces, que les navigateurs, spontanément, ont proposé de se dérouter pour venir à son aide sont précieux. Mais toutes ces informations ne peuvent parvenir à mettre à néant cette simple douleur physique à la limite du supportable. Alors, forcément, l’attente est longue, trop longue…

 

Maillons de la chaîne

Autour de Yann la chaîne de solidarité ne connaît pas de maillon plus fragile que les autres. De la direction de course aux sauveteurs australiens en passant par l’incroyable réseau de soutien qui se manifeste de tous bords, chacun tente d’apporter sa pierre à l’édifice. La Frégate HMAS Arunta s’est mise en route dès les alentours de 18h (TU+1) avec à son bord une équipe de sauveteurs rompus à ce type d’exercice. Marc Guillemot, dans une vacation spéciale, comptait être sur zone aux alentours de 22h (TU+1) et semblait déterminé à tout faire pour soulager la douleur de son compagnon de cordée. Depuis sa maison de la presqu’île de Guérande, Jean-Yves Chauve, le médecin du Vendée Globe, guette tous les signes d’évolution de la douleur de Yann et ne cesse de prodiguer conseils et paroles apaisantes… Mais voilà, le temps n’est pas, pour l’heure, à l’action proprement dite. Tant que personne n’est sur zone, bien malin qui sait ce qu’il sera possible de faire ou ne pas faire. Et là aussi l’attente est longue, forcément trop longue…

 

En tête de course Michel Desjoyeaux emmène toujours le groupe des quatre échappés. Le skipper de Foncia continue de creuser l’écart sur Roland Jourdain (Veolia Environnement) tandis que Jean Le Cam (VM Matériaux) et Sébastien Josse (BT) sont maintenant à plus de 120 milles du leader. Le petit décalage un peu plus sud des deux premiers semble leur profiter. Même si le gain de quelques milles peut sembler dérisoire au regard de l’intensité des heures actuelles, c’est peut-être la meilleure façon de saluer le navigateur costarmoricain que de continuer de faire vivre la course.

 

PFB



 

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