Tant qu’il y aura des hommes

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Le vendredi 19 décembre 2008 à 11:23
© MARC GUILLEMOT / SAFRAN / Vendée Globe

La vie continue : alors que la tête de flotte n’est plus qu’à 250 milles de la frontière du Pacifique, Marc Guillemot (Safran) continue son travail de soutien psychologique de Yann Elies (Generali) quand Sam Davies (Roxy) cravache pour rejoindre les deux navigateurs. En tête, le quatuor se délite petit à petit pour un double pas de deux. Michel Desjoyeaux (Foncia) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) jouent au chat et à la souris quand Sébastien Josse (BT) et Jean Le Cam (VM Matériaux) ont du concéder des milles aux deux leaders. A l’arrière de la flotte, tout le monde goûte un répit bienvenu.

La faculté de l’être humain à reprendre pied est phénoménale… En ce 40ème jour de course, alors que Yann Elies sous l’effet du soutien psychologique et de la présence de Marc Guillemot a retrouvé une certaine sérénité, les navigateurs du Vendée Globe continuent leur course. Non qu’ils se désintéressent du sort de Yann, mais parce qu’ils savent bien que leur pote de Generali n’aurait pas compris qu’il en soit autrement. La solidarité des gens de mer se démontre minute par minute : la frégate australienne lancée à pleine vitesse avec les sauveteurs à son bord devrait arriver sur zone un peu plus tôt que prévu ; Marc Guillemot et Sam Davies sont décidés à tout faire pour entretenir le moral de leur pote. Ce matin, Marc a tenté de lancer à travers la porte de la cabine une bouteille d’eau sur laquelle étaient scotchés des médicaments et plus anecdotique, une boite de pâté Hénaff. Le pâté Hénaff fait partie de la symbolique des navigateurs bretons : son goût inimitable est en quelque sorte la madeleine de Proust des coureurs au large.

Côté course, Michel Desjoyeaux et Roland Jourdain impriment une cadence toujours aussi soutenue. Ils ont creusé un écart, qui s’il n’a pas de caractère irrémédiable, n’en est pas moins significatif. Derrière l’ineffable Desjoyeaux, Roland Jourdain mène une course toute en sagesse et discrétion. Le Quimpérois, toujours aux avant-postes, s’est glissé progressivement dans le groupe de tête jusqu’à se retrouver à quelques milles à peine de son voisin de Port-la-Forêt. On aura sûrement encore l'occasion de reparler de la jolie prose de Monsieur Jourdain.

Pour le reste, qu’il s’agisse des messages des navigateurs toujours engagés dans la course, du travail fantastique des opérations de sauvetage, de la solidarité sans retenue de Sam et Marc ou des messages des Internautes tous ne peuvent enlever d’un coin de leur tête que si la casse matérielle fait partie de la course, la blessure ou le risque humain reste toujours aussi insupportable.

PFB