Pacifique, vous avez dit ?

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Le vendredi 19 décembre 2008 à 20:18
© MICHEL DESJOYEAUX / FONCIA / Vendée Globe

La journée de samedi va entamer une semaine décisive pour la suite du Vendée Globe. Décisive déjà pour Yann Elies, puisque c’est demain que doit s’effectuer son transbordement sur la frégate australienne médicalisée qui devrait le ramener à Fremantle. Décisive aussi pour les leaders qui vont avoir une bataille stratégique d’importance entre la deuxième porte australienne et la première porte des glaces de l’Océan Pacifique… Décisive enfin pour tous les concurrents qui vont entamer une course de vitesse avec la menace des icebergs.

Entre la porte australienne et la première porte des glaces, la flotte aura 2000 milles à courir. Une distance considérable qui devrait autoriser quelques petits coups tactiques, pondérée toutefois par la présence éventuelle d’icebergs qui risque de fausser quelque peu la donne. Dans un premier temps, une zone de hautes pressions relative devrait ralentir la tête de flotte et permettre de se positionner en vue de la grande cavalcade…
C’est sûrement fort de ces données que Michel Desjoyeaux continue d’enfoncer le clou : pointé à vingt nœuds au classement de ce soir, le skipper de Foncia continue de creuser l’écart. Après avoir fait éclater le quatuor de tête, il essaye maintenant de décramponner Roland Jourdain (Veolia Environnement) qui accuse un retard de près de 60 milles. A ce rythme, il devrait posséder un petit matelas d’avance qui lui permettra de contrôler le retour de ses poursuivants. Derrière le duo de tête, Sébastien Josse (BT) et Jean Le Cam (VM Matériaux) tentent tant bien que mal de se maintenir tout en restant sur un autre tempo…


Chevauchée fantastique

Mais on a beau dire que le rythme imposé par le skipper de Foncia ne peut pas se tenir éternellement, force est de constater qu’il assied chaque jour un peu plus son emprise. Et certains doivent se demander si la prudence qu’ils ont manifestée, estimant que le matériel ne pouvait pas supporter éternellement de tels traitements, n’a plus court si ce n’est d’accepter de baisser les armes. D’autant qu’à l’arrière, les bobos sont légion : Arnaud Boissières (Akena Vérandas) a du ainsi passer plusieurs heures à changer une latte de grand-voile, quand Steve White (Toe in the water) devait se débattre avec des problèmes de pilote ou que Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) voyait la liste des ses malheurs augmenter… Le navigateur britannique en prise avec des problèmes de pilote, doit aussi réparer une fuite dans son ballast avant et remettre en route son désalinisateur.

Pour l’heure, beaucoup de navigateurs espèrent que le Pacifique saura se montrer aussi clément que son nom pourrait le laisser croire. Sans beaucoup d’illusions : après avoir été pistés sur les sentiers de la guerre par les escarmouches de l’Indien, une pause serait bienvenue. Mais en tête de la caravane, l’attelage des ténors a des semelles de vent.

PFB