Vendée Globe

Le train soufflera trois fois

Le train soufflera trois fois
© SEBASTIEN JOSSE / BT / Vendée Globe
Le 22 décembre 2008

Un train de trois dépressions successives va cueillir la flotte des solitaires du Vendée Globe qui, à l’exception du trio composé de Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 2), Marc Guillemot (Safran) et Sam Davies (Roxy) vont tous affronter des conditions pour le moins rugueuses. Vents moyens de 40 nœuds voire plus, rafales à plus de 50. Aux portes du Pacifique, les conditions de vent comme de mer devraient rappeler que le chemin des mers du sud est toujours aussi chaotique.

Gros dos et clairvoyance : tel devrait être le mot d’ordre à l’entame de cette nouvelle journée. La queue de flotte qui navigue entre l’archipel des Kerguelen et le Cap Leeuwin subit déjà des vents forts à très forts. Le milieu de peloton qui a dépassé la première porte australienne s’apprête à subir les foudres d’un deuxième centre dépressionnaire qui s’est formé depuis la pointe de l’Australie, quand la tête de flotte de Vincent Riou (PRB) à Michel Desjoyeaux (Foncia) va devoir négocier le passage d’un petit centre dépressionnaire à caractère orageux…

Pour les deux premières, le schéma classique devrait être respecté : orientation progressive des vents au nord-ouest avec baisse du plafond et renforcement progressif des vents… La mer grossit peu à peu et le bateau est entraîné dans des surfs de moins en moins gérables. Tout l’art consiste à trouver la juste mesure entre bonne gestion du matériel, nécessité de conserver une vitesse minimale et sens de l’anticipation. Une prise de ris à bon escient fatigue moins le matériel et les hommes qu’une manœuvre effectuée quelques dizaines de minutes trop tard qui peut vite de se transformer en galère.


 

Casse-tête néo-zélandais


Pour la tête de flotte, la situation est un peu plus complexe. La position très nord de la dépression inciterait les concurrents à venir se positionner très au nord de la route pour être certain de bénéficier de vents portants. Un bateau qui serait positionné dans le sud du centre de la dépression se retrouverait confronté à des régimes de vents d’est à nord-est. Autant dire que faire du près dans quarante nœuds de vent n’enthousiasme personne. Mais dans un premier temps, le salut tactique passe par le sud : des vents faibles à l’amont de cette dépression et la logique de l’orthodromie poussent les concurrents à plonger vers des latitudes plus méridionales. En d’autres termes, il va falloir trouver jusqu’où il est possible de savoir aller trop loin…

PFB
 

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