Jourdain menace Desjoyeaux
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Le jeudi 25 décembre 2008 à 17:16Au passage de la porte néo-zélandaise, Michel Desjoyeaux, en tête depuis neuf jours, est plus que jamais sous la menace du retour de Roland Jourdain. Les premiers font face à une mer croisée lorsque les derniers subissent une tempête au milieu de l’Océan Indien. La météo du grand sud ne connaît pas la trêve des confiseurs…
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Noël est une fête que l’on passe en famille. Pour les vingt solitaires en mer (18 en course et 2 abandons), loin des leurs à l’autre bout du monde, c’est une journée un peu particulière, chargée en émotion. Comme partout sur terre, les cadeaux sont déballés et révèlent parfois leur lot de surprises. Pour égayer la vie du marin solitaire, la plupart ont reçu des livres et des DVD, ou plus décalés, des charentaises pour Vincent Riou (PRB), des scoubidous pour Armel Le Cléac’h (Brit Air) ou encore une petite poupée d’homme nu pour Samantha Davies (Roxy) ! Le repas aussi se doit d’être différent des autres. Foie gras de canard pour la plupart ou un plus original foie de lotte pour Roland Jourdain (Veolia Environnement). Mais aucun risque d’excès gastronomique à bord. L’actualité de la course – et surtout la météo – se rappelle à eux à chaque seconde qui passe.
Resserrement en tête
Les portes des glaces font l’unanimité au sein de la flotte puisqu’elles leur évitent de jouer à la roulette russe avec les icebergs. L’égalité des chances est respectée dès lors que le parcours reste le même pour tout le monde. Mais cette nouvelle porte (dite néo-zélandaise) risque de faire grincer des dents Michel Desjoyeaux (Foncia). En tête depuis neuf jours, Mich’ Desj’ paye son décalage au Sud par rapport à son adversaire direct, Roland Jourdain. Le leader remonte actuellement vers le Nord-Est au près serré pour franchir cette marque virtuelle de parcours. Sa vitesse s’en ressent. Au dernier pointage (16h), il n’avançait plus qu’à 6,5 nœuds contre 16,5 nœuds pour Roland Jourdain, revenu à 27 milles du leader. A ce rythme, Jourdain pourrait retrouver ce soir la première place qu’il avait occupé le temps d’un classement deux jours après le départ. Dans le Pacifique Ouest, le suspense est relancé entre les deux leaders. Derrière, les poursuivants en profitent aussi. Vincent Riou, désormais 5e à 363 milles, a repris plus de 170 milles en trois jours sur le premier.
Réparations en tous genres
Pas la peine d’offrir pour Noël une boîte à outils aux marins du Vendée Globe. Ils en ont déjà tous une, bien fournie, et plus souvent ouverte qu’ils ne le souhaiteraient. Marc Guillemot (Safran), désormais 9e suite à son assistance morale auprès de Yann Eliès, a confirmé aujourd’hui qu’il mettait le cap vers l’île d’Auckland, au sud de la Nouvelle-Zélande pour réparer son rail de mât. Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), actuellement 17e, a passé ses quinze premiers jours de course à bricoler pour finir la préparation de son bateau. Mais la caisse à outils est restée ouverte. Couché la nuit dernière dans des vents de plus de 60 nœuds (force 11), son bateau a encore subi quelques dégâts, dont les lazy jacks qui retiennent la grand-voile lorsqu’elle est affalée. Même dégât pour le 10e Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui, après avoir réparé son ballast avant, a dû monter dans son mât. Steve White (Toe in the water), 13e, déplore pour sa part la casse du vît-de-mulet (pièce reliant la bôme et le mât). Quant à Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), rétrogradé de la 1ère à la 7e place en se détournant dans des eaux moins agitées pour réparer son safran endommagé par un OFNI, il entreprend désormais son deuxième niveau de réparation dudit safran tribord.
Fremantle, escale d’infortune
Après Yann Eliès (Generali) arrivé lundi matin à Fremantle pour être opéré du fémur, Mike Golding (Ecover 3, démâtage le 16 décembre) a rejoint le port australien ce matin sous gréement de fortune. Deux autres navigateurs sont attendus au même endroit. Dominique Wavre (Temenos II, tête de quille cassée) espère toucher terre dans la soirée du 27 décembre. Il n’était plus ce jeudi matin qu’à 500 milles des côtes. 350 milles plus loin, Loïck Peyron (Gitana Eighty, démâtage le 10 décembre) devra patienter quelques jours de plus avant de retrouver à son tour la civilisation. Quant au Basque Unaï Basurko (Pakea Bizkaia), qui avait fait demi-tour au large de l’Afrique du Sud le 7 décembre pour une avarie de safran, il poursuit sa remontée de l’Atlantique et se trouve actuellement au large de la Mauritanie.
L.L.B.
Infos précédentes :
- 25/12/08 à 17:16 : Jourdain menace Desjoyeaux
- 25/12/08 à 11:00 : Un traîneau de dépression
- 25/12/08 à 08:00 : Une fenêtre pour la porte
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