Mouillage technique pour Guillemot

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Le vendredi 26 décembre 2008 à 11:13
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe

Marc Guillemot fait route vers l’île d’Auckland, à 250 milles dans le Sud de la Nouvelle-Zélande, pour réparer son rail de grand voile qui l’oblige à naviguer sous trois ris depuis son détournement pour porter secours à Yann Eliès. Comme la brise portante est au rendez-vous dans le Pacifique, il lui faut pouvoir renvoyer de la toile pour traverser le plus grand océan de la Terre. 

Comme Roland Jourdain lors du Vendée Globe 2000, Marc Guillemot (Safran) est handicapé par l’arrachement de son rail de grand voile sur le mât et doit donc escalader l’espar dans un lieu tranquille pour bricoler à plus de vingt mètres de son pont. Et comme le vent est toujours présent et la mer encore agitée, la seule solution consiste à se détourner vers un mouillage sain pour intervenir : Auckland est l’une des dernières îles accessibles et bien abritée des vents d’Ouest avant le cap Horn, à près de 5 500 milles de son étrave ! À environ 300 milles de ce mouillage désolé et désert, le Trinitain devrait mouiller dans la baie de Port Ross samedi vers 7h00 TU (de jour pour Marc avec le décalage horaire) et consacrer plusieurs heures à résoudre ce problème latent depuis la semaine dernière…

 

Recadrage Pacifique

Michel Desjoyeaux (Foncia) s’était contenté de passer en un point au Nord de la porte néo-zélandaise, mais en constatant que son poursuivant direct avait prolongé son bord nettement plus au Nord, le leader s’est recadré sur la route de son dauphin pour assurer un contrôle plus serré : de plus de cent milles d’avance ce vendredi à 5h, son avance a fondu à moins de 70 milles ce midi ! Les deux compères de Port la Forêt peuvent aligner les milles dans un fort flux de Sud-Ouest de 35-40 nœuds qui devraient mollir progressivement dans l’après-midi de ce vendredi à 25-30 nœuds. En revanche, la mer va se creuser jusqu’à 7-8 mètres de creux, une mer qui ne va permettre de surfer sur des vagues régulières qu’à partir de samedi.

 

Et le duo poursuivant s’est aussi remis dans le match avec un déficit inférieur à 150 milles pour Jean Le Cam (VM Matériaux) et Sébastien Josse (BT). Bonne opération aussi Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) qui ne naviguent plus qu’à 330 milles du leader ! Cette dépression néo-zélandaise a donc relancé le débat pour cette attaque du Pacifique qui s’annonce extrêmement rapide pour ce sextette : avec un régime général de Sud-Ouest tournant Nord-Ouest dimanche mais toujours soutenu (plus de 25 nœuds), le cap Horn pourrait être atteint dès le 2 janvier…

 

Un Indien qui décoiffe

Ça plume dans l’Indien ! Les perturbations se succèdent toujours et si Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) et Samantha Davies (Roxy) sont bien entrés dans le Pacifique, ce sont les seuls qui vont ralentir un peu dans une zone de transition éphémère. Car pour les autres, c’est encore le « système D » (comme dépression) qui marquera les prochaines heures et mêmes les prochains jours : trois au programme pour le triumvirat Dee Caffari (Aviva), toujours la plus rapide avec presque 400 milles au compteur, Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui a remis du charbon depuis ce vendredi matin et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) un peu trop secoué ces derniers temps… Trois autres perturbations aussi pour le trio Malbon-Wilson-Hatfield qui passait la longitude du cap Leeuwin ce vendredi, et deux autres pour Raphaël Dinelli et Norbert Sedlacek qui vont devoir attendre le week-end avant de bénéficier d’une bonne accalmie pendant trois jours avec une quinzaine de nœuds dès dimanche.

 

DBo.