Dejeanty au PC course

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Le samedi 27 décembre 2008 à 15:52
© CHRISTOPHE BAUDRY / Vendée Globe

Arrivé lundi en Afrique du Sud, Jean-Baptiste Dejeanty (Groupe Maisonneuve) a atterri à Paris samedi. Avant de prendre son train pour rentrer chez lui en Bretagne, il a fait un détour au PC Course pendant la vacation du jour. Extraits de son passage à la vacation :

 

« Ca fait du bien de voir l'envers du décor (de l’organisation, ndlr), mais je ne voyais pas l'arrivée comme ça. A vrai dire, 6h avant d'arriver à Port Elisabeth, j'ai eu la plus grosse tempête de ma vie : 75 nœuds pendant 13h. C'était dans tous les journaux là-bas. En même pas une heure, la mer est montée de 0 à 8 m de creux. D'autant plus que j'avais des problèmes de pilotes et une dizaine de fois, le bateau est parti à l'abattée, a viré de bord tout seul... Une fois au port, l'accueil a été extraordinaire. Beaucoup de chaleur humaine : j'ai été invité en famille et je me suis même déguisé en père Noël. Autre anecdote : le passage au bureau des douanes. Ça a été amusant d'expliquer que j'allais des Sables d'Olonne aux Sables d'Olonne en passant par l'Afrique du Sud.

Quand on commence la course une semaine en retard et que les problèmes s'enchaînent, on se met vite à douter, surtout quand on n’est pas au milieu de la flotte. Malgré tout, je pense que c'est vraiment la plus belle navigation de toute ma vie. J'estime avoir fait une route quasiment parfaite et j'ai eu les meilleures moyennes pendant pas mal de temps. Quand on régate, on a vraiment des œillères. On se dit qu'il faut avancer à tout prix, puis tout à coup des évènements se produisent, on se retrouve épuisé et on enlève les œillères. Il faut aussi faire très attention, les données météo sont un peu mois fiables dans le sud et il ne faut pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Avec la technologie à bord, on fait de la visio-conférence, des fichiers météo presque en temps réel... C'est extraordinaire. Par exemple, mon passage dans le pot-au-noir, j'ai pu faire de grands zigzags sans prendre un grain. Mais quand ça marche plus, on se sent seul. D'ailleurs, quand mon antenne n'a plus fonctionné, j'ai eu mon premier coup de blues. Je me suis dit : « Mince, je suis loin de tout, je suis tout seul... et je n'ai plus que mon irridium pour communiquer ». C'est comme pour les portables, on s'habitue vite à tout ça. Mais finalement, je me suis dit que ça n'était pas plus mal. Maintenant, il est prévu que je retourne à port Elisabeth dans dix jours pour ramener le bateau directement par la mer. Ça nous fera un entraînement pour les prochaines courses. »