Vendée Globe

Un samedi soir sur la mer

Un samedi soir sur la mer
© ARNAUD BOISSIERES / AKENA VERANDAS / Vendée Globe
Le 27 décembre 2008

L’ambiance n’est pas à la fête dans les 40es Sud. La plupart des concurrents, étalés du milieu du Pacifique au cap Leeuwin, doivent composer avec des éléments en furie. Michel Desjoyeaux, en bon maître de cérémonie, donne le tempo et grappille ce soir quelques milles sur tous ses adversaires. 

Il est le plus rapide sur les dernières 24 heures. Michel Desjoyeaux (Foncia) sait lever le pied ou appuyer sur l’accélérateur quand il le faut. Pas content de lui vendredi, il a repris les choses en main et contrôle la course à merveille. Avec 337 milles parcourus en 24h, il a avalé 30 à 50 milles de plus que ses trois premiers poursuivants. Toujours ça de pris ! Pendant que Marc Guillemot (Safran) soigne son bateau dans un pit-stop improvisé au milieu des morses et des manchots, que Sébastien Josse (BT) cherche des eaux calmes pour ausculter sa monture estropiée, que Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) prodigue ses derniers soins à son safran malade et que Roland Jourdain (Veolia Environnement), tel un shadock, pompe les 300 litres d’eau venus le réveiller jusque dans sa bannette. le "Professeur" mène la danse et impose son rythme à la course. Suivez le guide ! Prochaine visite virtuelle, la porte Pacifique Ouest, à une petite centaine de milles dans son Nord. Il ouvre la voie et sait que, dans les conditions infernales du grand Sud, personne ne prendra de risque pour lui voler la vedette avant le cap Horn.

 

Face à des océans du Sud qui ont oublié la définition du mot clémence, tous les solitaires encore en course n’ont qu’une idée à l’esprit : sortir indemne de ces terribles Quarantièmes Rugissants et Cinquantièmes Hurlants qui ont déjà mis un terme à l’aventure de six concurrents. Et vu la tempête qu’ils subissent actuellement, avec des vagues hautes comme des immeubles, la tâche n’est déjà pas si simple… La régate en elle-même reprendra dans la remontée de l’Atlantique Sud. Soit après le passage du célèbre et mythique cap Horn situé à plus de 3 000 milles devant leurs étraves, l’équivalent de 8 à 10 jours de mer. En attendant, il faut faire le dos rond, préserver le matériel et trouver le bon équilibre entre vitesse et prudence.

 

L.L.B.

 

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