Bille en tête

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Le lundi 29 décembre 2008 à 19:57
© MICHEL DESJOYEAUX / FONCIA / Vendée Globe

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le duo Desjoyeaux-Jourdain ne se pose pas de question. Profitant d’un petit front qui les accompagne, les deux compères de Port-la-Forêt en profitent pour enfoncer un peu plus leurs adversaires. Au billard, quand on frappe bille en tête, c’est le plus souvent pour donner un effet à sa boule qui permettra de réaliser un joli coup qu’on appelle un coulé… Coulée, la concurrence ne l’est pas encore, mais touchée sûrement.

Roland Jourdain (Veolia Environnement) solidement ancré dans le sillage de Michel Desjoyeaux (Foncia) doit se dire qu’avoir un lièvre aussi exigeant peut s’envisager de deux manières : côté pile, le duo imprime une cadence qui se manifeste par des écarts de plus en plus conséquents à chaque classement. Côté face, l’ami Roland Jourdain doit parfois se dire que tout ceci n’est pas vraiment raisonnable et qu’il serait bon de donner parfois du temps au temps. Jean Le Cam, isolé en troisième position depuis le retrait de son pote « Jojo » ne pouvait que constater les dégâts : agacé, il voit les deux premiers prendre la poudre d’escampette dans un système météo différent du sien. Quand les deux leaders peuvent bénéficier d’un vent de nord-ouest soutenu pour rejoindre la dernière porte des glaces « Pacifique est », le skipper de VM Matériaux doit, quant à lui, composer avec un vent d’ouest à sud-ouest légèrement mollissant. Au classement de vingt heures, ce sont maintenant 292,5 milles qui séparent le premier du troisième de ce Vendée Globe.


Empannages sur la route du Horn

Si le déplacement de la porte « Pacifique est », remontée de 52° à 44° sud (soit l’équivalent de 480 milles), se révèle dans un premier temps favorable aux deux leaders, il pourrait en être autrement pour descendre vers le Horn. Un régime de nord-ouest semble vouloir s’installer sur la zone qui obligerait les navigateurs à tirer des bords au vent arrière. Il semble bien que l’on s’achemine vers une bataille d’empannage qui reste une des manœuvres les plus délicates à effectuer sur les monocoques IMOCA. Primo, il faut être capable d’évaluer les risques encourus lors de la manœuvre : nombre de navigateurs et non des moindres, avouent qu’au-delà d’une certaine force de vent, ils préfèrent passer par un virement de bord plutôt que de risquer de voir la bôme passer violemment d’un bord à l’autre et entraîner des avaries… Un empannage mal maîtrisé et c’est le risque de voir des lattes de grand-voile brisées dans l’opération ; derrière, ce sont des heures d’efforts pour affaler la voile, changer les lattes de carbone, hisser à nouveau. A contrario, un virement face au vent implique du temps perdu sur la route. Or aujourd’hui, les milles commencent à coûter particulièrement cher. Les dernières estimations donnent un possible passage des leaders le 4 voire le 5 janvier. Il sera temps ensuite de supputer sur la date où le premier embouquera triomphalement le chenal des Sables d’Olonne…


PFB