Ça s'est passé en 2008
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Le jeudi 01 janvier 2009 à 18:30Le Vendée Globe a basculé dans l’année 2009 sans crier gare. Pour les concurrents encore en lice, les esprits sont déjà tournés vers le Cap Horn que la plupart commence à attendre avec impatience. En tête, les écarts restent stables entre les trois premiers qui ont tous passé la dernière porte des glaces. Jean-Pierre Dick fait route vers le nord pour atteindre les vents d’est qui lui permettront de gagner vers la Nouvelle Zélande. Sébastien Josse et Derek Hatfield ne sont plus qu’à quelques jours de mer de leurs destinations respectives Hobart pour l’un et la baie d’Auckland pour l’autre.
L’occasion de faire un premier bilan à quelques jours du Cap Horn.
Le leader de ce Vendée Globe devrait aborder le fameux caillou du Cap Horn dans la nuit de dimanche à lundi, heure française, ce qui devrait le mettre dans les temps réalisés par Jean Le Cam en 2004. Avec une différence de taille : du fait de la présence des portes de glace, le parcours final sera de 24 840 milles au lieu de 23 680 milles en 2004-2005. Soit une différence de 1160 milles ce qui correspond, sur une base moyenne de 340 milles par jours, à 3,5 jours de mer. Des chiffres qui traduisent bien l’intensité de la course imprimée par les leaders et ce d’autant plus que la flotte s’est présentée avec près de deux jours de retard sur le tableau de marche de l’édition précédente, du fait du contournement obligé de l’anticyclone de Sainte-Hélène. Refaisons nos comptes : ce qui signifie que dans les mers du sud, ils auront gagné plus de cinq jours de mer. Un différentiel énorme qui explique bien la lassitude évidente de certains navigateurs et la casse qui a affecté la flotte : tenir un tel rythme demande une attention de tous les instants et fatigue le matériel.
S’il fallait une autre preuve de l’intensité de la course, il suffirait de constater le nombre de changements de leaders depuis le départ : 26 au total et 9 des trente skippers qui, à un moment ou un autre, ont pris la tête de la course. Avec, à la clé, quelques records : de l’Equateur à Bonne Espérance, Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) a réalisé le meilleur temps en 12jours, 4heures et 50 minutes soit près d’une journée et demie de moins que Vincent Riou en 2004. De même, Michel Desjoyeaux (Foncia) accroche, entre Bonne Espérance et Leeuwin, un temps de 10 jours, 06 heures et 49 minutes soit plus de deux jours de mieux que le temps de 2004.
Enfin, avec 15 bateaux encore en course, la flotte paie un tribut important aux latitudes hostiles des mers du sud. A l’heure d’aujourd’hui, la moitié de la flotte a dû jeter l’éponge. Un chiffre à rapprocher des 46% de 1989, 53% de 1992, 63% de 1996, 35% de 2000 et 2004. D’autant qu’au regard des conditions météorologiques rencontrées, les éditions de référence seraient plutôt celles de 1992 et 1996, tant les deux dernières avaient été clémentes pour les solitaires.
Place des grands hommes
Au-delà des considérations chiffrées, ce Vendée Globe aura été, comme à chaque fois, un révélateur de talents. S’il ne fallait en citer que quelques uns, on ne pourrait omettre Sam Davies (Roxy) dont le bonheur d’être en mer et le sens de l’humour ne l’empêchent pas de réaliser une magnifique performance. De même, Arnaud Boissières (Akena Vérandas) respire la sérénité sur un bateau d’ancienne génération tout en tenant la dragée haute à quelques prototypes de l’année, de facture toute britannique. L’occasion pour le skipper arcachonnais de parfaire sa connaissance de la langue de Shakespeare. Comment oublier enfin la course de Steve White (Toe in the water), qui fort d’un partenariat de dernière minute et d’une expérience dérisoire du 60 pieds IMOCA démontre chaque jour des qualités d’adaptation et un bonheur de vivre détonnant.
Enfin, on ne peut achever ce bilan 2008 sans évoquer la formidable dimension humaine de cette aventure planétaire. C’est l’engagement sans compter de Marc Guillemot (Safran) et de Sam Davies aux côtés de leur pote Yann Elies, cloué par la douleur dans la cabine de son Generali. C’est la mobilisation des personnels des TAAF qui seront aux côtés de Dominique Wavre (Temenos) puis de Bernard Stamm lors de leur escale aux Kerguelen. C’est encore ces rencontres en mer improbables entre Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) qui ne se quittent plus ou bien encore entre Dominique Wavre, en route vers Fremantle qui se déroute pour apporter quelques vivres, du gazole et un peu de solidarité à son compagnon d’infortune Loïck Peyron (Gitana Eighty). C’est enfin Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2), contraint de quitter la course suite à sa deuxième avarie de safran, qui a l’élégance insigne d’appeler Sam Davies pour lui confier sa place de sixième. Comme quoi ce sont parfois des petits riens qui font l’étoffe des grands hommes.
PFB
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- 01/01/09 à 18:30 : Ça s'est passé en 2008
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- 01/01/09 à 08:07 : Réveillon à la porte
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- 31/12/08 à 19:14 : La longue route
- 31/12/08 à 17:31 : Paprec-Virbac 2 perd son safran bâbord.
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