A l'ouest, rien de nouveau

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Le samedi 03 janvier 2009 à 06:33
© SAM DAVIES / ROXY / Vendée Globe

Ce n’est pas tout à fait la guerre de tranchées, mais dans le mauvais temps qui sévit au large des côtes du Chili, le quinté de tête nous rejoue la même musique depuis son entrée dans les mers du sud. Et comme à chaque fois que les conditions se durcissent, le duo Michel Desjoyeaux (Foncia), Roland Jourdain (Veolia Environnement) creuse un peu plus l’écart sur leurs poursuivants immédiats. Jean Le Cam (VM Matériaux) est relégué plus de 400 milles, Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) frôlent la barre des 700 milles d’écart.

Visiblement, le curseur des limites à ne pas dépasser n’est pas le même pour tout le monde. Une fois de plus, dès que le vent monte et que la mer forcit, Michel Desjoyeaux consolide son matelas d’avance sur ses poursuivants, à l’exception toutefois de Roland Jourdain, le seul à suivre le rythme du chef de meute.
Le leader de la course, depuis maintenant 19 jours, aurait-il trouvé l’arme fatale ? Si les pontons bruissent que le skipper de Foncia aurait particulièrement travaillé sur la précision et la réactivité de ses pilotes, lui-même laisse entendre qu’il disposerait en la matière d’une voile particulièrement adaptée : une trinquette conçue spécialement pour les mers du sud qui devrait retrouver sa place dans la soute à voile dès le Cap Horn franchi. Grâce à elle, Michel disposerait d’une voile polyvalente apte à travailler de 30 à plus de 50 nœuds de vent : plus besoin de rouler la voile pour la préserver, elle aura fait son usage d’ici quelques heures maintenant et pourra se reposer des services rendus à la patrie Foncia.

Petits duels entre amis

En milieu de peloton, Sam Davies(Roxy) a, quant à elle, choisi de passer à la vitesse supérieure. Frustrée d’avoir été bloquée hier par des calmes (relatifs à l’échelle des quarantièmes rugissants), la navigatrice britannique est créditée de la meilleure moyenne de la nuit. Comme elle l’avouait elle-même, dans un mail envoyé cette nuit à la direction de course, l’objectif est de garder un petit peu d’avance sur son binôme Marc Guillemot (Safran). Un objectif personnel et une source de motivation plus qu’une volonté de rester devant au classement puisque logiquement, Marc devrait bénéficier d’un temps de bonification conséquent pour le temps qu’il a passé à veiller auprès de Yann Elies. De même Dee Caffari (Aviva) continue de tenir la dragée haute à Arnaud Boissières (Akena Vérandas). Le skipper arcachonnais qui doit lutter contre un déficit de vitesse chronique attend néanmoins son heure pour tenter, à la faveur d’une petite option météo, de revenir sur ses talons.
Bilan des derniers jours contrastés pour Steve White (Toe in the water) et Jonny Malbon (Artemis). Quand le premier se réjouit d’en avoir pratiquement terminé avec la préparation de son vit-de-mulet, le second voit avec inquiétude le délaminage de sa grand-voile se poursuivre sans avoir trouvé jusque là de solution satisfaisante pour briser la spirale de la dégradation. Pendant ce temps, Derek Hatfield (Algimouss Spirit of Canada) se prépare à atterrir sur les côtes de Tasmanie. Son entrée en baie de Hobart est prévue dans la journée. Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) continue sa progression vers le nord en attendant d’attraper les vents d’est qui lui permettront de virer de bord et de faire cap sur la Nouvelle-Zélande.

PFB