Michel Desjoyeaux s’est recalé ce samedi après-midi dans le Sud de Roland Jourdain qui préfère arriver sur la pointe américaine par le Nord… Avec des écarts aussi constants entre ces deux solitaires, et ce depuis dix-neuf jours, le passage du cap Horn sera une dernière référence avant de s’engager pour une longue remontée vers les Sables d’Olonne dès dimanche soir !
Cela fait maintenant près de trois semaines que Michel Desjoyeaux (Foncia) a repris la main au Sud de l’Australie mais cela fait le même laps de temps que Roland Jourdain ne le lâche pas d’une déferlante ! Car si Jean Le Cam (VM Matériaux) a décroché depuis huit jours quand le Pacifique s’est mis en colère juste après Noël, et si Vincent Riou (PRB) et Armel Le Cléac’h (Brit Air) ont laissé progressivement filer le leader depuis le cap Leeuwin, le skipper de Veolia Environnement n’a jamais eu plus de 95 milles de retard… C’est dire s’il est le seul qui n’a jamais fléchi devant le rythme parfois endiablé qu’a imposé Michel Desjoyeaux. Et c’est sur cette phase d’approche délicate du cap Horn, qu’il y a encore du grain à moudre ou des mises à perdre !
Une tempête en dégénérescence
Or avec le très méchant coup de vent qui sévit ce week-end au large des côtes chiliennes, l’atterrissage sur le cap Horn n’est pas des plus aisés : d’un côté il faut prendre en compte l’état de la mer qui semble plus maniable en bâbord amure dans ce vent de Nord-Ouest de quarante nœuds et plus, de l’autre la présence du continent américain n’est pas un facteur de sécurité à trop approcher du plateau continental avec le phénomène de résonance qui risque de créer une mer démentielle… Et cela faisait bien longtemps que les deux compères de Port la Forêt n’avaient pas été aussi divergents dans leur approche tactique ! Au final, y aura-t-il une différence sensible en termes d’écart ? Pas si sûr au vu de la constance de la marge du leader : soixante milles, soit quatre heures environ…
Et comme la tempête de Nord-Ouest semble s’étioler pour la fin du week-end, c’est plutôt avec un vent maniable (mais quel sera l’état de la mer ?) que les deux compagnons vont embouquer le détroit de Drake. Attention tout de même : ce n’est parce que vous avez passé le cap Horn que les choses sont plus simples ! Elles sont justes différentes et surtout moins stressantes... Mais quand on sait que lors du dernier Vendée Globe, Jean Le Cam possédait près de 200 milles d’avance sur Vincent Riou, les trois poursuivants peuvent encore espérer un retour fulgurant. On pourra déjà compter les points (et les écarts) au passage du cap Dur, mais de là à en tirer des conclusions… 7 000 milles encore pour rallier les Sables d’Olonne, ce n’est pas rien.
De son côté, Samantha Davies (Roxy) continue à engranger les milles puisqu’elle est la plus rapide de toute la flotte et qu’elle vient encore d’améliorer son score personnel avec 414 milles parcourus ! Soit 17,24 nœuds de moyenne sur 24 heures…
DBo.