Paires de mer

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Le mercredi 07 janvier 2009 à 09:59
© Vincent Riou / PRB / Vendée Globe

Alors qu’ils ne sont plus que treize concurrents en course, la flotte s’étale sur plus de 6 000 milles, mais la plupart des solitaires naviguent de conserve… Un phénomène surprenant puisque certains sont restés ensemble depuis pratiquement deux mois ! Et en tête, la paire de Port la Forêt semble se faire la belle dans des conditions particulièrement favorables pour remonter l’Atlantique. 

Ça défile par-devant ! Michel Desjoyeaux (Foncia) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) sont toujours ensemble à moins de cent milles l’un de l’autre et suivent la même trace pour remonter un Atlantique Sud particulièrement coopératif : du vent portant de secteur Ouest de 15-20 nœuds, sur une mer modérément agitée pour progresser à plus de quinze nœuds pratiquement sur la route directe. Enfin presque, puisque le leader a obliqué nettement au passage de l’archipel des Malouines pour éviter une bulle sans vent. D’ailleurs plusieurs petites dépressions se forment au large des côtes argentines et l’option de prendre le large pour en faire le tour va être extrêmement favorable ! Les deux compères vont remonter quasiment jusqu’au Brésil au portant avec toujours au minimum quinze nœuds et jusqu’à trente nœuds et plus de Sud-Ouest jeudi et vendredi… Et si tout s’enchaîne comme prévu, le duo leader pourrait arriver à l’équateur en un temps record !

 

Les couples se font et se défont

Armel Le Cléac’h (Brit Air) et Vincent Riou (PRB) s’étaient retrouvés une nouvelle fois ensemble autour du monocoque de Jean Le Cam (VM Matériaux) pour lui porter secours. Depuis que le naufragé est sauvé, Armel a pu remettre en route vers le cap Horn et revenir progressivement dans le match. Cela va forcément prendre un peu de temps et les conditions météorologiques ne lui seront pas aussi favorables que pour les premiers : il devrait perdre du terrain ces prochains jours mais aussi perdre le contact avec son « inséparable » Vincent… Lequel est désormais en couple avec Jean Le Cam, le temps de le débarquer, probablement du côté du détroit de Le Maire…

 

Après l’ultime porte du Pacifique Est, Samantha Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran) glissent en direction de la Patagonie à vitesse modérée : la brise de Nord-Ouest associée à la dépression qui avait emmené les cinq premiers à « fond la caisse » vers le cap Horn, s’est délitée pour faire place à un flux modéré d’Ouest entre dix et vingt nœuds. Une pause pour le couple franco-britannique qui devrait pointer au large du cap Horn ce week-end : une nouvelle perturbation étant annoncée, c’est avec un régime très musclé de Nord (trente nœuds minimum) que la fin du Pacifique s’annonce pour ce tandem… Mais même si Marc Guillemot revient sur la jeune Anglaise, il a toujours prévu de faire un pit-stop après le cap Horn pour réparer son rail de grand voile arraché : un divorce en perspective !

 

Un triumvirat en séparation

Naviguant de conserve depuis l’Atlantique Sud, le trio Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) s’effiloche : le Britannique s’échappe inexorablement depuis qu’il a réussi à réparer ses cloisons d’étrave au Sud de l’Australie. Près de 300 milles de décalage alors qu’il approche de la dernière porte des glaces Pacifique Est. En revanche, Dee et Arnaud sont toujours à quelques milles l’un de l’autre (neuf !) et il ne serait pas étonnant qu’ils se voient ce mercredi au lever du jour… Steve White (Toe in the water) est probablement le plus solitaire des solitaires de ce Vendée Globe ! Depuis des lustres, le Britannique réalise un parcours exceptionnel sur un monocoque qui n’est pas de première jeunesse et qui n’a pas été préparé aussi méticuleusement que les autres. Il est ce jour, le plus seul au monde à plus de 3 500 km de toute terre, en plein milieu du Pacifique, en train de passer l’avant dernière porte du parcours…

 

Rich Wilson (Great American III) va probablement regretter l’abandon de Jonny Malbon (Artemis) qui fait route vers Auckland et se trouve au large du détroit de Cook (situé entre les deux îles de la Nouvelle-Zélande), cap au Nord-Est à dix nœuds. L’Américain se fait brasser dans une dépression assez active alors qu’il passe la porte de Nouvelle-Zélande : il devrait toutefois bénéficier d’une accalmie dès cet après-midi avec l’installation de hautes pressions et une brise d’une vingtaine de nœuds de secteur Nord. Enfin, Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) et Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) vont aussi pouvoir faire une pause après avoir subi trois fronts successifs mardi : une bulle anticyclonique pointe ses calmes au Sud de l’île Stewart et les deux navigateurs pourraient même avoir à tirer des bords face à un régime de Nord-Est !

 

Une paire devant, un couple au milieu, un trio qui se sépare, deux solitaires bien seuls, un tandem pour fermer la marche… Un véritable inventaire à la Prévert !

 

DBo.