Coincer la bulle
Articles
Le samedi 10 janvier 2009 à 19:55Du Rio de la Plata à Sainte-Hélène, les hautes pressions jouent avec les nerfs des solitaires. L’anticyclone tend à se fractionner en des petites cellules autonomes avec en corollaire, un régime de vents erratiques et par définition, faibles. Pour les deux premiers, l’heure est venue d’essayer de négocier au mieux ces petites bulles anticycloniques qui, comble de perversité, peuvent apparaître et disparaitre sans forcément respecter les modèles de prévisions météorologiques. Dans ces conditions chaque mille gagné vaut de l’or.
Ils n’en sont qu’à la latitude de l’Uruguay, mais le vent a déjà des langueurs toutes brésiliennes. A donner envie de se prélasser sur la plage de Copacabana plutôt qu’à guetter le moindre souffle d’air capable de déhaler la coque de son monocoque. On pourrait dire qu’ils se reposent, mais le petit temps porte souvent sur les nerfs des navigateurs. Les heures s’égrènent sans que les milles ne défilent et pour qui a été habitué à voir les compteurs flirter régulièrement au dessus de la barre des 25 nœuds, redécouvrir des vitesses dignes de la plaisance traditionnelle est particulièrement frustrant. Seuls avantages, mais ils sont de taille : on redécouvre une position verticale presque normale et surtout le volume sonore de la coque de carbone qui tape dans les vagues baisse sensiblement.
Pour les deux leaders, c’est un grand poker menteur qui vient de commencer. On comprend mieux pourquoi Roland Jourdain ne tenait pas à dévoiler trop tôt ses soucis techniques suite à sa collision avec un cétacé. Dans ce genre de temps, on observe avec encore plus d’attention les trajectoires des adversaires. Et laisser croire à son meilleur ennemi que les vitesses faibles qu’on enregistre sont peut-être dues à des vents faibles qu’au fait qu’on est en train de jouer de la ponceuse et de la résine est finalement de bonne guerre. Le petit décalage dans l’est de Michel Desjoyeaux ne semble actuellement guère lui profiter, d’autant qu’il semble que le gradient de pression soit légèrement plus élevé le long des côtes du Brésil que plus au large. La trajectoire de Michel témoigne bien de cette volonté de sortir au plus vite de cette situation qui pourrait profiter dans un premier temps au skipper de Veolia Environnement. Reste que le premier qui sortira des mailles de l’anticyclone pourra espérer toucher au plus vite les régimes d’alizés. Et que statistiquement, la raison du plus au large est le plus souvent la meilleure. Alors que faire ? Jouer son va-tout dans une option radicalement différente ou choisir de contrôler son adversaire. Pour le skipper de Foncia, c’est l’heure des choix. Le jeu de Roland Jourdain est de tenter d’attaquer, celui de Michel Desjoyeaux est de défendre sa position. Entre choix stratégiques, positionnement tactique et intoxication psychologique ces deux-là n’ont pas fini de jouer à « je t’aime, moi non plus… » Attention toutefois : derrière eux Armel Le Cléac’h (Brit Air) est toujours à l’affut : et le navigateur de la baie de Morlaix mérite parfaitement son surnom de « chacal ». Si l’opportunité se présente de venir mordre les talons de ses adversaires, il saura la saisir.
Le Horn en troménie
Dans le sillage du trio de tête, c’est une toute une procession qui s’apprête à franchir le Horn. En tête de la congrégation des rescapés du Pacifique, Sam Davies (Roxy) espère bien un passage du Cap Dur aussi rayonnant que sa course. La navigatrice devrait franchir demain dans la matinée (heure française) la marque de parcours la plus symbolique de cette navigation autour du monde. Marc Guillemot (Safran) devrait, quant à lui, se présenter dans la nuit de dimanche à lundi, quand Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) devront attendre le début de semaine. Les atermoiements anticycloniques sont loin de les occuper : tous devraient subir le passage d’une dépression violente avec des rafales pouvant atteindre les 60 nœuds. Même Rich Wilson (Great American III) s’attend à en subir les effets. Seuls Norbert Sedlacek (Nauticsport – Kapsch) et Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) devraient y échapper. Mais pour ces deux-là, les heures dans le Pacifique risquent d’être encore bien longues. A bien y réfléchir, les périodes de prise de tête dans la pétole ont, elles aussi, parfois du bon…
PFB
Infos précédentes :
- 10/01/09 à 19:55 : Coincer la bulle
- 10/01/09 à 17:30 : Bizarre, vous avez dit bizarre…
- 10/01/09 à 06:23 : Lentement mais sûrement
- 09/01/09 à 19:20 : Veolia Environnement heurte un animal marin
- 09/01/09 à 17:06 : Des bateaux et des hommes
- 09/01/09 à 13:55 : Le jury acte le principe d'un redressement pour Vincent Riou
- 09/01/09 à 11:16 : Pleine balle dans la bulle
- 09/01/09 à 06:17 : RTT
- 09/01/09 à 00:18 : Déboires et incertitudes
- 08/01/09 à 20:20 : Situation stable
Flash infos
- 18/11/09 à 11:47 - Des nouvelles de JP Dick
- 02/11/09 à 12:31 - Dee Caffari et Brian Thompson, ...
- 08/10/09 à 18:53 - Vincent Riou blessé
- 19/09/09 à 19:08 - Entraînement au large de la ...
- 29/08/09 à 15:04 - BT en chantier à Port La Foret ...
- Précédents Flashs : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 Tous les flashs










