Pain blanc, pain noir… De la tête de course aux derniers, les navigateurs solitaires du Vendée Globe se préparent à des lendemains qui déchantent. Une dépression orageuse en phase de constitution sur le Brésil devrait générer des vents forts sur les deux leaders quand un train de profondes dépressions accompagne tous ceux qui n’ont pas encore franchi le Horn. Seul Armel Le Cléac’h (Brit Air) devrait tirer quelques marrons du feu.
« Qui trop écoute la météo perd ses heures au bistrot ». Il est des jours où l’on ferait mieux de ne pas tenir compte des préceptes des marins baromètres et rester tranquillement attablé derrière le comptoir d’un bar. La dépression orageuse qui est en train de se former sur le Brésil va singulièrement modifier la donne pour les deux leaders. Au menu, des vents de nord à nord-est de 30 à 35 nœuds, pouvant atteindre 40 nœuds sous les rafales, devraient cueillir à froid les skippers de Foncia et Veolia Environnement. On imagine que devoir subir des vents forts aux allures de près avec un bateau déjà passablement fatigué accroit le facteur risque de manière significative.
Pacifique en colère
Pour Sam Davies, le passage du Horn ne marquera visiblement pas la délivrance attendue. La profonde dépression qui accompagne le groupe des poursuivants génère déjà sur la navigatrice britannique des vents de 40 à 45 nœuds. Mais surtout, les vents forts devraient encore l’accompagner au moins jusqu’à l’île des Etats qui marque l’extrémité orientale de la Terre de Feu. Pour le groupe depuis Marc Guillemot (Safran) jusqu’à Dee Caffari (Aviva), les vents puissants devraient s’accompagner d’une mer très formée avec des creux de 8 à 10 m. Steve White (Toe in the water) sera un peu moins touché par cette dépression.
Mais surtout une nouvelle dépression est en formation au large de la Nouvelle-Zélande qui touchera de plein fouet les deux derniers Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) : vents de nord-est supérieurs à 40 noeuds, creux de 8 à 9 mètres, vagues courtes et croisées, ce régime devrait durer trois à quatre jours. Trois à quatre jours dans la froidure de l’Océan Pacifique, à tenter de lutter aux allures de près contre une mer déchaînée, la route des deux retardataires va ressembler à un long chemin de croix.
PFB