Tenir ou courir

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Le mardi 13 janvier 2009 à 07:03
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe

Pas de changements notables pour cette nouvelle journée en Atlantique Sud. Après une semaine chargée en événements, le Vendée Globe s’offre une pause à un peu plus de deux semaines du dénouement. Les trois mousquetaires de tête seront bien quatre à l’arrivée, du fait du reclassement de Vincent Riou, décidé par le jury international. Armel Le Cléac’h continue de reprendre des milles aux deux leaders quand Roland Jourdain progresse maintenant légèrement plus vite que Michel Desjoyeaux. On a beau dire « qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », l’esprit de compétition s’accommode mal des renoncements sages.

Et si jamais ? C’est peut-être cette petite idée qui commence à germer dans un coin de la tête d’Armel Le Cléac’h (Brit Air), auteur d’une remontée fulgurante en 24 heures. Au classement de lundi à 5h, Armel pointait encore à 791,7 milles du leader, le voilà ce mardi matin à 688,7 milles. Soit un gain de plus de 100 milles sur les deux premiers du classement. S’il est vrai que les circonstances météorologiques ont joué en sa faveur, il serait bien étonnant que le navigateur de la baie de Morlaix, avec l’esprit de compétition qui le caractérise, ne se dise pas qu’il y a peut-être encore un coup à jouer d’ici l’arrivée aux Sables d’Olonne. De même qu’un Roland Jourdain (Veolia Environnement) qui a réussi à stabiliser l’écart avec Michel Desjoyeaux (Foncia) et qui se voit même gratifié d’une vitesse supérieure de deux nœuds ce matin, se dit peut-être que les dés ne sont pas définitivement jetés.


Cache-cache

C’est le dilemme parfait où l’on se demande si le jeu en veut la chandelle. Faut-il prendre des risques tactiques ou techniques pour attaquer, revenir au contact ? Ou vaut-il mieux préserver une place plus qu’honorable compte tenu des aléas qui ont secoué cette édition 2008-2009 ? Et qu’on ne compte pas sur Michel Desjoyeaux pour jouer les grands seigneurs dans cette partie de mistigri, lui qui n’a pas son pareil pour distiller des informations ciblées et choisies propres à déstabiliser ses adversaires. Certains doivent se perdre en conjectures sur la route de Foncia : conditions météorologiques défavorables, adaptation volontaire du rythme du leader à celui de ses poursuivants, petit souci technique demandant une pause ? La réponse, seul Michel la connait et ses deux adversaires au classement général n’auront finalement pas d’autre choix que celui de faire leur route en tachant de se dégager de ces considérations. Car au final, tout le temps passé à s’interroger sur le pourquoi du comment de la trajectoire des autres est bien souvent perdu pour sa propre navigation.


D’autres sont bien loin de ces interrogations à caractère métaphysique : Sam Davies (Roxy) continue de récolter sur son chemin des particules de bonheur. Cette nuit, c’est un avion de sa Gracieuse Majesté qui est venu la saluer au large des Falklands avec force figures de styles : si la jeune femme a élu domicile en Bretagne, il ferait beau voir que les « froggies » en fassent une icône nationale. Plus à l’arrière, le trio Brian Thompson (Bahrain team Pindar), Arnaud Boissières (Akena vérandas), Dee Caffari (Aviva) fait le dos rond en attendant le plus fort du mauvais temps. Ici, les choses sont claires : il s’agit de tenir face aux éléments. La poursuite de chimères est reportée à une date ultérieure.

 

PFB