La remontée de l’Atlantique Sud est souvent considérée comme la zone la plus piégeuse du Vendée Globe… Entre la sortie des Quarantièmes et les alizés de Sud-Est, la zone de transition est une des plus complexes à négocier. Les navigateurs doivent jouer avec les excroissances de l’anticyclone de Sainte-Hélène et de petites dépressions orageuses qui viennent perturber le jeu.
Qui pourrait maîtriser les phénomènes de cyclogénèse sur l’Atlantique Sud deviendrait maître es stratégie pour cette partie de parcours entre la latitude des îles Malouines et celle de Salvador de Bahia. Car leur formation est pour le moins imprévisible : sur les hauts plateaux de l’Uruguay et du Sud brésilien, la température au sol crée des conditions propices à une forte instabilité. Par ailleurs, cette instabilité est renforcée par la proximité de la Cordillère des Andes qui provoque des descentes d’air froid. Soit les conditions idéales pour la formation d’affrontements entre masses d’air chaud et d’air froid. Il suffit que le phénomène se déplace sur l’eau pour qu’il soit alimenté en humidité et que se forme immédiatement de petites dépressions orageuses au caractère très actif. Conjugué aux velléités de l’anticyclone de Sainte-Hélène, le passage de ces dépressions provoque des situations au caractère imprévisible, incroyablement changeantes d’un jour à l’autre.
Un matelas plus solide qu'il n'y parait
Visiblement le caractère profondément instable de la météo dans cette zone devrait avoir bénéficié au duo de tête : Michel Desjoyeaux (Foncia) comme Roland Jourdain (Veolia Environnement) ont pu ainsi remonter le long des côtes de l’Amérique du Sud en ne négociant qu’un seul passage de centre dépressionnaire. La situation risque d’être beaucoup plus compliquée pour Sam Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran) : la formation de plusieurs petits fronts successifs risque de déboucher sur un train de petites dépressions orageuses. Avec au menu des vents qui pourraient varier considérablement en force comme en direction.
Au bout du compte, même si le skipper de Foncia peine à s’extirper des langueurs ectoplasmiques de l’anticyclone de Sainte-Hélène, il pourrait avoir, ici encore, consolidé son petit matelas d’avance. Roland Jourdain devrait, quant à lui, s’en tirer à moindre mal. La situation risque d’être un peu plus complexe pour Armel Le Cléac’h (Brit Air)… Même si Michel Desjoyeaux doit, pour l’heure, faire route plein Est pour récupérer les alizés salvateurs, il risque sauf accident, de repasser rapidement la peau d’âne à ses poursuivants.
PFB