Vendée Globe

Sauve qui peut…

Sauve qui peut…
© NORBERT SEDLACEK / NAUTICSPORT KAPSCH / Vendée Globe
Le 14 janvier 2009

Le Pacifique ne cesse de cogner. Après le gros coup de tabac subi par les trois prochains postulants au passage du Horn, Brian Thompson (Barhain Team Pindar), Dee Caffari (Aviva) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) ne sont pas au bout de leurs peines. Un nouveau front devrait les accompagner ce soir, puis une dépression particulièrement virulente leur promet des jours autrement plus difficiles …

Moral dans le bulbe de quille pour Dee Caffari. La navigatrice britannique avouait, après la dernière dépression qui l’avait secouée, qu’elle ne supporterait pas une deuxième raclée comme celle qui a malmené le trio en approche du Horn. Mais la punition risque d’être encore plus sévère après le passage du Cap Dur. Une nouvelle dépression d’origine tropicale a rejoint le flux général du Pacifique sud et devrait se positionner dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud immédiat du Horn. Générant surtout des vents de nord à nord-est pouvant atteindre 80 nœuds à hauteur du détroit de Lemaire. Seule solution pour Sylvain Mondon de Météo France : « Etre capable de maintenir une vitesse moyenne de 12 nœuds de manière à être suffisamment dégagé dans le nord de la dépression. Ou chercher refuge sous le vent de l’île des Etats. » La punition n’est, en tous les cas, pas terminée pour ces trois-là qui auront bien mérité de leur brevet de Cap-hornier.
Plus à l’arrière, Steve White (Toe in the water) et Rich Wilson (Great American III)  ne subiront que marginalement les effets de cette dépression. Le Britannique devrait filer à bonne allure en avant de son centre porté par des vents d’ouest puissants quand l’Américain, situé plus à l’ouest, va devoir composer malheureusement avec des vents de sud-est forts et une mer contraire. Bref, le Pacifique a décidé de faire mentir sa réputation flatteuse de guérisseur des maux de l’Indien. Bouleversement attendu en queue de flotte où il se pourrait bien que Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) cède la place de dernier à Norbert Sedlacek (Nauticsport - Kapsch).

 

Visa pour l’hémisphère nord

Pour gagner le droit de naviguer à l’endroit, les navigateurs du groupe de tête n’en finissent pas de jouer du tampon. Michel Desjoyeaux (Foncia) le premier, n’en finit pas de buter sur une dorsale anticyclonique pointilleuse qui prend un malin plaisir à retenir encore un peu les monocoques dans l’hémisphère sud. Une situation qui dure pour le navigateur de Foncia et qui profite à son dauphin Roland Jourdain (Veolia Environnement). Mieux positionné par rapport à la dorsale, Bilou peut grimper sur un seul bord à une vitesse proche des dix nœuds. A ce rythme, l’avance du leader pourrait continuer de fondre, d’autant qu’une autre barrière se dessine à l’horizon avec un anticyclone des Açores qui exigerait son dernier visa de douane avant de libérer les voiliers vers les Sables d’Olonne.
De cette situation, il n’est pas sûr qu’Armel Le Cléac’h (Brit Air) puisse en tirer profit. Seule Sam Davies (Roxy)  et Marc Guillemot (Safran) devraient pouvoir tirer profit d’une nouvelle petite dépression orageuse pour accrocher des régimes de sud-ouest et gagner dans le nord. Au propre comme au figuré, la jeune Britannique a le vent en poupe.


PFB
 

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