Vendée Globe

Il faut savoir cultiver son jardin

Il faut savoir cultiver son jardin
© MICHEL DESJOYEAUX / FONCIA / Vendée Globe
Le 16 janvier 2009

Parfois, il vaut mieux faire confiance à sa propre destinée que de vouloir calquer ses choix sur ceux des autres. C’est ce que doivent se dire les deux leaders de la course qui ont chacun de bonnes raisons de croire en leur route. C’est surtout le précepte que le trio du Cap Horn s’est appliqué à suivre : à chaque situation, correspondait une réponse adaptée et différente pour échapper au grand mauvais temps.

Ils ont résisté aux premiers assauts de la dépression qui a balayé la zone du Cap Horn. Le trio franco-britannique Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Arnaud Boissières (Akena vérandas), Dee Caffari (Aviva), grâce à des stratégies adaptées, a pu se tirer sans encombre des forts vents de secteur nord qui précédaient l’arrivée de la perturbation sur la Terre de Feu. Brian Thompson tout d’abord, a eu le sang-froid d’accepter de faire demi-tour pour se réfugier sous le vent de l’Île des Etats. Tirant des bords carrés à moins de trois milles du rivage, il a bénéficié d’une mer plate et d’un vent considérablement freiné par les hauteurs de l’île. Cet arrêt au stand lui coûte près de 150 milles mais lui offre tous les espoirs de pouvoir terminer ce Vendée Globe sans encombre. Pour Arnaud Boissières et Dee Caffari, les problématiques étaient encore différentes. Arnaud, en approche du Horn, ne pouvait espérer bénéficier de la protection de la terre avant l’arrivée du mauvais temps. De plus, en montant vers le nord, il se dirigeait vers les zones critiques où le vent soufflait le plus fort. Pour lui, le salut était donc de faire route au sud-est en attendant la bascule du vent vers le sud-ouest… Les dernières heures de la journée seront encore difficiles à passer mais le navigateur arcachonnais devrait voir d’ici peu le bout du tunnel. Enfin, Dee Caffari a préféré attendre à une centaine de milles dans le sud-ouest du Horn à proximité de l’île Diego Ramirez. Mais pour les deux l’objectif était le même : éviter les vents contraires particulièrement puissants du Détroit de Lemaire à la latitude des Malouines… En milieu d'après-midi, Arnaud comme Dee pointaient à nouveau vers le nord-est. Brian Thompson a pu reprendre sa route en fin de matinée : à seize heures, il filait à vingt nœuds vers le nord.


Airs volatiles…

Roland Jourdain (Veolia Environnement) ne risque pas, quant à lui, de rejoindre le troupeau de Panurge. Sa volonté de poursuivre son petit bord bâbord amures dans l’est lui assure aujourd’hui un décalage qui, s’il ne l’autorise pas à faire la différence, lui a permis de résister au coup d’accordéon attendu. Une situation que ne goûtait guère Michel Desjoyeaux (Foncia) : contraint quelque vingt-quatre heures plus tôt que son concurrent, de virer vers le nord, il a vu Bilou pouvoir poursuivre son bord vers l’est avec un meilleur angle de remontée au vent, puis pouvoir virer de bord en position plus favorable pour accrocher rapidement les alizés de sud-est. Parfois vingt-quatre heures de décalage peuvent modifier radicalement la donne… Si le leader de la course peut y voir une part de ses plans contrariés, le suspens reprend un peu de vigueur ; même si le matelas du vainqueur du Vendée Globe 2000-2001 reste confortable. Entre les quarantièmes et les vingtièmes sud, les influences contradictoires de l’anticyclone de Sainte-Hélène et des dépressions qui se forment sur les plateaux de l’Amérique du Sud provoquent une subtile volatilité de l’air. Vérité d’un jour, mensonge le lendemain : l’Atlantique Sud aime à rappeler que le Vendée Globe ne se termine pas, une fois close la porte du Cap Horn.

 

PFB
 

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