Les forçats du Pacifique
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Le dimanche 18 janvier 2009 à 11:25Ils sont encore quatre concurrents sur douze en course à devoir composer avec une météo défavorable dans le Pacifique Sud. A moins de deux semaines de l’arrivée du premier, leur course pourrait durer entre un et deux mois de plus que le vainqueur…
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C’est la dure loi du sport, et aussi tout son cynisme. Les premiers disposent de budgets suffisants, de montures neuves et bien préparées et arrivent, pour ceux encore en course, à passer entre les gouttes des pires situations météo. Pour les derniers, c’est évidemment tout l’inverse. Les avaries sont plus nombreuses. Il y a plus de bricoles à bord et encore plus de galères sur des bateaux plus vieux qui, faute de moyens, sont moins bien préparés. Ironie du sort : non seulement ils passent plus de temps en mer, mais la météo a en plus tendance à s’acharner sur eux, soit pour les ralentir, soit pour les malmener. C’est le cas actuellement des quatre concurrents encore dans le Pacifique.
Steve White, 9e et prochain candidat au Cap Horn la nuit prochaine, navigue actuellement grand-voile affalée pour réparer un problème de chariot de têtière de voile. Pour mémoire, le jeune britannique a déjà réparé son vit-de-mulet et bien d’autres soucis à bord. L’Américain Rich Wilson est peut-être le moins verni des quatre derniers. Le vétéran de la course, 58 ans, qui navigue sur un bateau de dix ans d’âge dont la quille se manœuvre à la main, se fait balayer par une grosse dépression tropicale depuis deux jours, au milieu du Pacifique Sud. D’une telle violence, avec des vents de face de 40 nœuds, des orages à foison et une mer déchaînée, que Rich portait son casque à l’intérieur de son bateau pour ne pas se blesser. Dans son dernier message, il parle de « punition », de « vie dangereuse sur le pont et même à l’intérieur » ! Le pire se conjugue désormais au passé pour Rich qui, une fois la porte Pacifique Ouest franchie vers midi, va pouvoir naviguer au portant et accélérer en direction du Cap Horn.
Pour les deux derniers, la situation est bien différente. Après avoir subi quelques grosses dépressions dans l’Océan Indien, Norbert Sedlacek et Raphaël Dinelli luttent avec un anticyclone, ses vents faibles et longtemps contraires. Leurs vitesses faibles, 7,5 nœuds de moyenne en 24h, témoignent de cette lenteur imposée par l’anticyclone. Ces deux-là, qui se sont donné rendez-vous hier dans le Pacifique Sud, ont décidé de naviguer de concert jusqu’au Cap Horn. Ils sont bord à bord en approche de la porte Pacifique Ouest. Cet anticyclone qui les accompagne rend les conditions clémentes, mais rallonge considérablement leur temps de course … Au point que Dinelli, parti avec 120 jours de nourriture, commence à réfléchir à un possible rationnement !
En tête, Michel Desjoyeaux continue son cavalier seul. 4 nœuds plus vite que Roland Jourdain entre deux classements – et même 6 nœuds d’écart sur la dernière heure – Mich’ Desj’ porte son avance à 450 milles. Au large de Recife, il n’est plus qu’à 200 milles des premiers grains orageux de l’équateur. Seule chance pour Bilou, le pot-au-noir semble pour l’instant assez épais. Mais cela suffira-t-il ?
L.L.B.
Infos précédentes :
- 18/01/09 à 11:25 : Les forçats du Pacifique
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