Coup de pot

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Le lundi 19 janvier 2009 à 11:11
© JEAN MARIE LIOT / DPPI / Vendée Globe

Décidément, cette remontée de l’Atlantique Sud n’épargnera aucun de ses pièges aux solitaires du Vendée Globe. Alors qu’il pensait accrocher les alizés pour plusieurs jours, Michel Desjoyeaux (Foncia) se voit déjà entrer dans la zone de convergence intertropicale nommée pot-au-noir alors qu’il n’a pas encore franchi l’équateur. Une position du système anormalement sud : et si le pot-au-noir accompagnait le leader pendant quelques jours ?

Il ne fait jamais bon passer trop près des côtes du Brésil. En passant au large de Recife, le skipper de Foncia aurait-il subi les ondes d’une incantation vaudou commanditée par certains supporters de Roland Jourdain, prêts à tout pour sauver leur héros ? Toujours est-il que le leader de la course voit sa progression fortement freinée et devrait à nouveau perdre, tout au mois provisoirement, quelques milles sur ses poursuivants. Mais, cette situation ne profitera pas à plein au duo qui complète le podium provisoire de la course. La zone de convergence intertropicale qui marque la frontière météorologique entre hémisphères nord et sud perturbe fortement l’établissement des alizés à ses abords. C’est ainsi que le skipper de Veolia Environnement ne bénéficie déjà pas des mêmes conditions que son prédécesseur dans ces alizés de sud-est. Là où Michel pouvait progresser dans des vents de 20 à 25 nœuds, Bilou ne trouve plus que des brises de 12 à 15 nœuds en moyenne. D’où une progression nettement moins rapide vers le nord. Armel Le Cléac’h (Brit Air) devrait, lui aussi, rencontrer des alizés relativement mous qui devraient freiner son retour à la maison. Il reste que le pot-au-noir est capricieux… Va-t-il accompagner Michel Desjoyeaux vers le nord en permettant un retour de Roland Jourdain ? Va-t-il jouer avec les nerfs des navigateurs pour une redistribution aléatoire des cartes ? Nul ne le sait, mais c’est encore une des dernières chances d’entretenir un peu de suspens avant l’arrivée…

 


Le retour de Marc Guillemot

Plus à l’arrière, la bagarre devrait faire rage entre Sam Davies (Roxy) et Marc Guillemot (Safran). Marco tire profit du petit décalage opéré dans l’ouest quelques jours auparavant. Bénéficiant de conditions optimales, le skipper de Safran file actuellement poussé par un bon vent de sud-ouest quand Sam en est toujours à la recherche du vent perdu. Même si Marc Guillemot bénéficie d’un capital de 50 heures sur sa concurrente britannique suite à la réparation accordée à l’issue du sauvetage de Yann Elies, le navigateur trinitain aimerait bien, ne serait-ce que pour l’honneur, damer le pion à la demoiselle. Le trio infernal Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), Arnaud Boissières (Akena Vérandas), Dee Caffari (Aviva) bénéficie de conditions favorables pour progresser vers le nord. Une petite zone de hautes pressions leur permet de bénéficier de vents stables qui les propulsent à vitesses constante vers des latitudes plus clémentes. Steve White a programmé son passage du cap Horn pour la fin de journée : une belle récompense pour le navigateur britannique qui découvrait la voile, il y a de ça moins de dix ans. Des eaux du Solent au Cap Horn, la route est parfois plus courte qu’on imagine.


PFB