Parc naturel maritime brésilien inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco, l’archipel Fernando de Noronha se trouve sur la route des concurrents du Vendée Globe qui remonte l’Atlantique vers les Sables d’Olonne.
Dimanche soir, Michel Desjoyeaux est passé à moins de 14 milles de ce petit paradis des plongeurs sous-marins et autres passionnés de la vie sauvage. Malheureusement pour lui, l’heure n’est pas au tourisme. Pas le temps de s’arrêter pour aller admirer ces îles enchanteresses et leurs faunes et flores préservées. Thons, marlins, dauphins, requins, cétacés et tortues font partie des espèces protégées de l’archipel. Ces îles abritent également la plus grande concentration d’oiseaux marins tropicaux et une flore unique dans l’Atlantique. L’atoll das Rocas est un véritable aquarium à ciel ouvert. Au point que Darwin est venu étudier quelques espèces endémiques au XIXe siècle. Pour préserver l’environnement, le tourisme y est d’ailleurs intelligemment contrôlé.
Découverte en 1500 par le navigateur portugais Gaspar de Lemos, qui faisait partie de l’expédition qui découvrit ensuite le Brésil, l’archipel de Fernando de Noronha fut décrit pour la première fois par l’Italien Amerigo Vespucci. Celui-là même qui donna ensuite son prénom à tout le continent nouvellement découvert. Abandonné des Portugais, l’archipel fut annexé au XVIIe siècle par les Hollandais, puis les Français qui la nommèrent Ile Delphine. Sa situation stratégique raviva l’intérêt des Portugais qui en reprirent possession au XVIIIe siècle.
Composé de 21 îles, l’archipel s’étend sur 26 km2, dont les deux tiers sont constitués de l’île principale, Noronha. Ces îles d’origine volcanique émergent de la dorsale sous-marine de l’Atlantique Sud à moins de 200 milles dans le nord-est de Natal, ville brésilienne la plus proche. A longueur d’année, ces îles reçoivent l’influence de l’alizé de sud-est de l’anticyclone de Sainte-Hélène, ce qui a permis à Michel Desjoyeaux hier soir de les contourner à plus de 15 nœuds de moyenne. Le courant y est également favorable dans le sens de la remontée de l’Atlantique vers l’arrivée aux Sables d’Olonne.
Loïc Le Bras