Desjoyeaux déjà dans le pot-au-noir

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Le lundi 19 janvier 2009 à 17:15
© Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe

Avant même de franchir l’équateur, Michel Desjoyeaux est fortement ralenti sous l’effet d’un pot-au-noir très large et très actif. Roland Jourdain en profite pour réduire son retard de près de cent milles mais compte encore plus de 416 milles de déficit sur le leader. Derrière, Marc Guillemot, actuellement cinquième, ne cache pas son ambition de finir sur le podium. 

 Le pot-au-noir va-t-il faire payer à Desjoyeaux sur la remontée de l’Atlantique la clémence qu’il a eue pour lui dans la descente ? Ce ne serait que justice pourrait soutenir ses adversaires. Un coup de pouce météo qui ferait évidemment les affaires de Roland Jourdain (Veolia Environnement) renvoyé ces derniers jours de 230 à 500 milles de retard à cause d’alizés erratiques. Scotché à 1,1 nœud au pointage de 16h00, Michel Desjoyeaux (Foncia) concède plus de 10 nœuds d’écart avec son premier poursuivant. La faute à un pot-au-noir anormalement sud pour la saison avec les premiers grains dès la latitude 2°S. Mich’ Desj’ qui aurait dû couper l’équateur aujourd’hui devra du coup attendre au mieux demain avant de fêter son retour dans l’hémisphère Nord. Jourdain peut donc croire que la roue tourne. Le meilleur scénario pour lui serait d’ailleurs que le pot-au-noir remonte à sa place habituelle (entre 4°N et 8°N) en accompagnant Desjoyeaux. Ce qui est tout à fait possible… Réponse dans les 48 heures !

 

Plus au sud, en troisième position, Armel Le Cléac’h (Brit Air) ne profite pas non plus d’alizés bien établis et remonte plein nord à moins de 10 nœuds. Une situation qui pourrait bénéficier non seulement à la quatrième Samantha Davies (Roxy), mais surtout à l’actuelle cinquième, Marc Guillemot. Le skipper de Safran déboule à pleine vitesse dans l’Atlantique Sud et ne pointe plus qu’à 125 milles de la Britannique et 1000 milles de Le Cléac’h. Or, ces trois concurrents ayant obtenu des bonifications de temps pour leur assistance auprès de Yann Eliès ou Jean Le Cam – 82 heures pour Guillemot, 32 heures pour Davies et 11 heures pour Le Cléac’h – l’avance de 1000 milles de Le Cléac’h sur Guillemot le situe à portée de fusil du skipper trinitain. 71 heures d’écart correspondant à peu près à 750 milles sur l’eau. A trois semaines de l’arrivée, Marc Guillemot peut donc légitimement ambitionner le podium final de ce Vendée Globe. Ce qui serait une performance inouïe pour un concurrent ayant fait deux escales pour réparer son rail de mât et qui navigue en permanence avec au mieux deux ris dans sa grand-voile !

 

L.L.B.