Vendée Globe

Ça s’en va et ça revient…

Ça s’en va et ça revient…
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Le 20 janvier 2009

 Michel Desjoyeaux a achevé sa traversée du désert (météorologique) : le Pot au Noir semble définitivement derrière lui et la surprise de s’être fait prendre aussi Sud fait place à un certain soulagement, même si Roland Jourdain en a profité pour grappiller des milles. Quant à Marc Guillemot, il a judicieusement contourné les calmes dans lesquels Samantha Davies s’est engluée…

Qui aurait imaginé un tel scénario au départ des Sables d’Olonne le 9 novembre 2008 ? Alors, qui peut prétendre croire qu’il ne va plus rien se passer sur les plus de 3 000 milles encore à parcourir pour le leader, Michel Desjoyeaux ? Même le skipper de Foncia qui mesure ses propos à chaque vacation radio en expliquant ce que les prévisions météorologiques annoncent pour établir le synopsis des heures à venir, n’avait pas dans son escarcelle un tel arrêt buffet ! La Zone de Convergence Inter Tropicale (ZCIT) n’était pas à sa place, n’avait pas édicté sa venue aussi Sud, n’avait rien laissé entendre quant à sa nature et sa perfidie… En moins de 24 heures, Michel Desjoyeaux s’est vu retirer plus de 150 milles par son poursuivant direct, Roland Jourdain (Veolia Environnement) et a perdu du terrain sur toute la flotte, à l’exception de Samantha Davies (Roxy) ! Avec une journée à moins de 150 milles, le premier solitaire n’a pas été à la fête dans ces calmes aussi prenants qu’imprévisibles, mais à midi ce mardi, il avait déjà retrouvé, et sa verve, et sa vitesse de croisière : douze nœuds…

 

La peau de l’ours…

En passant la ligne de changement d’hémisphère à 6h 15’, Michel Desjoyeaux n’aura donc mis que 15 jours 02 heures et 04 minutes pour traverser l’Atlantique Sud, du cap Horn à l’équateur, et au compteur, il possède une avance de 21 heures sur le temps de référence établi quatre ans plus tôt par Vincent Riou. Et il lui restait quatorze jours pour rallier les Sables d’Olonne, à 3 200 milles de son étrave pour améliorer le temps du tour du monde en solitaire en monocoque : Michel Desjoyeaux doit pour cela arriver avant le 4 février à 23h 49’ 55’’… Mais même si parfois la phrase a des relents de leitmotiv obsolète, la victoire n’existe que quand la ligne d’arrivée est derrière l’étrave. Certes il y a peu de chance que le natif de Port la Forêt cherche à « sauver son âme » comme Bernard Moitessier en 1969, route vers Tahiti, mais avec 12% de marge sur son dauphin, le challenge n’est pas encore acquis en gardant en mémoire que les bateaux (et les marins & les marines) ont déjà 20 000 milles sous le bulbe de quille ! Sans jouer les oiseaux de mauvais augure, les souvenirs de monocoques démâtés, de quilles perdues et même d’abordage à quelques dizaines de milles d’une arrivée, ne sont pas si lointains lors des courses précédentes…

 

La valse brésilienne…

Quant au podium, il y a de quoi rester prudent ! Voilà un Marc Guillemot (Safran) qui a fait une jolie figure de style pour enrouler Samantha Davies au large de Rio de Janeiro… Ce n’est pourtant pas encore le carnaval, mais la Britannique a bien vu défiler le bordé gris du Trinitain qui a profité des brises portantes liées à une dépression brésilienne. Mais derrière se niche un anticyclone de Sainte-Hélène qui ne va pas faciliter la remontée vers l’hémisphère Nord du couple franco-britannique ! Du près, du vent de Nord à Nord-Est, une brise de 20-25 nœuds jusqu’à la latitude de Salvador de Bahia : avec sa position plus à l’Est, la jeune skippeuse pourrait recroiser devant l’étrave de Marco… Y a du match ! Et derrière aussi entre la troïka : les brises de secteur Sud-Ouest ont permis à Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) d’être le plus rapide de la flotte pour distancer légèrement sa compatriote Dee Caffari (Aviva) tandis qu’Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) n’a pu attraper ce régime et a ainsi laissé filer des milles sans rien pouvoir faire… Impitoyable ciel argentin !

 

Si des changements de hiérarchie sont donc encore d’actualité de la tête au milieu de la flotte, il ne semble plus possible que les écarts entre les trois groupes suivants soient réduits à portion congrue : Steve White (Toe in the water), cap-hornier depuis lundi soir, n’a plus qu’un Atlantique à remonter, alors que l’Américain Rich Wilson (Great American III) peut enfin glisser dans du vent de Nord-Ouest 25-30 nœuds vers le cap Horn, distant de 1 300 milles. Quant au duo Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), il bataille toujours dans les miasmes d’un anticyclone pacifique par 45° Sud ! Heureusement, ces hautes pressions vont générer un flux de Sud-Ouest dès mercredi d’une vingtaine de nœuds, de quoi passer la porte des glaces Pacifique Ouest et viser l’ultime porte Pacifique à 1 200 milles de là…

 

DBo. 

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