Vendée Globe

Périphérique extérieur

Périphérique extérieur
© Benoit Stichelbaut / Veolia Environnement
Le 25 janvier 2009

Pour contourner l’anticyclone des Açores, Michel Desjoyeaux doit faire un détour autour des hautes pressions et pour ses poursuivants directs, il n’y a pas d’autre voie pour rallier Les Sables d’Olonne. Même trace pour Roland Jourdain qui doit quant à lui composer avec un chemin mal pavé ! 

La situation météorologique sur l’Atlantique Nord est quasiment un exemple type d’une configuration hivernale classique. Les dépressions se succèdent entre Terre-Neuve et l’Irlande, un gros anticyclone est installé des Canaries aux Caraïbes, un régime d’alizés souffle de secteur Est entre le Cap Vert et les Antilles, un Pot au Noir est relativement peu actif au large du Brésil avec une position équatoriale. Et non seulement ce schéma est bien marqué, mais en plus il est stable dans le temps : il faut donc s’attendre à ce que les trajectoires des trois premiers solitaires suivent exactement la même courbe avec une longue remontée vers le Nord-Nord Ouest entre le Pot au Noir et la latitude du Cap Vert, puis un cap plein Nord entre l’archipel capverdien et la latitude des Canaries dans des alizés de Nord-Est s’orientant à l’Est progressivement entre 20 et 25 nœuds. Ce n’est que vers le 30° Nord que les navigateurs doivent freiner en s’approchant du centre des hautes pressions.

 

Quelques embouteillages…

Pour Michel Desjoyeaux (Foncia), c’est donc un ralentissement attendu dès ce dimanche pour cause de travaux sur la voie : les vents s’orientent au secteur Sud dans une dorsale et il lui faudra attendre la bretelle dépressionnaire avant d’appuyer sur le champignon. Et après une longue ligne droite à une vingtaine de nœuds de moyenne, cela risque de tamponner en abordant l’Espagne : ça bouchonne dans le golfe de Gascogne ! Ce sont les pavés de l’Atlantique Nord pour Roland Jourdain (Veolia Environnement) : le navigateur a beau avoir mis le grand braquet pour aller à la poursuite de l’échappée solitaire, il n’y a pas de raccourci et ça secoue menu sur les collines verdoyantes des alizés canariens… La route sera un peu plus dégagée pour le poursuivant au carrefour des Açores, mais les conditions d’adhérence seront moins favorables à un déboulé final.

 

Dans cette course de côte, Armel Le Cléac’h (Brit Air) a franchi le col équatorial en danseuse : une légère oscillation de la trajectoire pour éviter les grains malsains, et hop, ni vu ni connu, je te passe le Pot sans passer par la case arrêt au stand… Mais là encore, le Léonard va devoir jouer des amortisseurs pour tracer en souplesse son sillon dans ce champ de vent et de mer tonique. Chemin de traverse pour Marc Guillemot (Safran) qui suit les sentiers de randonnée brésiliens : il y a du thermique, certes, mais il ne faudrait pas se retrouver dans un cul de sac devant Salvador de Bahia ! L’objectif à court terme est de reprendre la départementale au large de Recife pour attraper des alizés plus consistants. C’est la perspective de Samantha Davies (Roxy) qui peut enfin reprendre le fil de sa descente vers l’équateur après une sérieuse panne de carburant pendant quatre jours : il a fallu réapprovisionner le réservoir à vent… C’est désormais tout droit en roue libre vers le Pot au Noir.

 

À l’aspiration…

Problème d’injecteur pour Brian Thompson ? Le diesel Bahrain Team Pindar a sensiblement ralenti la nuit dernière, semble-t-il sur problème mécanique : Dee Caffari (Aviva) qui a pourtant des soucis de volets aérodynamiques sur sa grand voile, est revenue dans le sillage de son compatriote et ne concède plus qu’une soixantaine de milles. Avec encore 4 500 milles à parcourir, les deux pilotes anglais ont de quoi jouer sur ce tracé plein de chicanes : un dépassement à l’aspiration ? L’inspiration, il en faudra pour le Britannique Steve White (Toe in the water) : depuis le départ des Sables d’Olonne, le ciel n’arrête pas de lui tomber sur la tête… C’est probablement le solitaire de tous les Vendée Globe déjà courus, qui a le plus patiné face aux brises contraires ! Et là encore, il doit affronter des brises de secteur Nord soutenues pour plusieurs jours.

 

La piste est dégagée pour Rich Wilson (Great American III), même si elle s’avère un peu humide : dans un bon flux de secteur Ouest, le virage du cap Horn se profile pour demain lundi et sur une belle houle, l’Américain va pouvoir revoir le cap Dur où il avait chaviré en trimaran il y a quelques années… Enfin, le match est toujours incertain entre les deux compères du Pacifique : une dernière porte des glaces à franchir en début de semaine pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) avant de descendre vers l’entrée de l’Atlantique. Un grand boulevard vers le cap Horn…

 

DBo.

 

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