Vendée Globe

Histoire de vainqueurs...

Histoire de vainqueurs...
© Jean-Marie Liot / DPPI / Vendée Globe
Le 29 janvier 2009

Dans 48 heures, Michel Desjoyeaux devrait boucler son périple solitaire autour du monde à bord de Foncia et inscrire – une nouvelle fois – son nom au palmarès de la course. Retour sur les champions qui ont marqué l'histoire des Vendée Globe.

1990 Titouan Lamazou
Fort de son expérience acquise dans le tour du monde en solitaire avec escale (BOC Challenge), le navigateur béarnais figurait au rang des favoris de cette grande première au même titre que Philippe Jeantot et Jean-Luc Van Den Heede. Autour de lui, Philippe Poupon, auréolé d’un palmarès prestigieux, ainsi que Loïck Peyron, Alain Gautier, pur produit du Figaro et Pierre Follenfant ne sont pas en reste. Après le chavirage de Fleury Michon survenu dans l’Océan Indien, trois skippers luttent encore pour la gagne : Titouan Lamazou qui n’a jamais quitté la tête de la course, Loïck Peyron capable du meilleur dans la remontée de l’Atlantique et «VDH» dont le robuste yawl en alu peine malheureusement aux allure de près. Ce fut l’ordre du podium à l’arrivée. A bord de son plan Bouvet Petit Ecureuil d’Aquitaine II spécialement construit pour la course, le skipper aussi artiste peintre arrive aux Sables le 15 mars après 109 jours et 8 h de navigation ayant parcouru 25 485 milles à la moyenne de 9,7 nœuds. Loïck Peyron, crédité d’une compensation de 15 heures pour avoir secouru Philippe Poupon fut un temps menaçant à bord de son Lada Poch II, l’ancien bateau de… Lamazou.
 
1993 Alain Gautier
Hormis Lamazou et Jeantot, les principaux protagonistes du premier «Vendée» sont de retour, notamment Gautier, Peyron et VDH avec de nouvelles montures. Dès le départ, les méchantes humeurs du Golfe de Gascogne taillent dans le vif. Peyron abandonne, VDH et Poupon rentrent aux Sables pour réparer. Gautier réussit à passer et va appuyer sur l’accélérateur dans les alizés. Très vite, son Bagages Superior, un superbe ketch blanc construit en composites sur les plans du Groupe Finot, fait la différence. VDH et Poupon se mènent une belle bagarre et tentent de rattraper le leader. Au passage du Cap Horn, l’écart n’est plus que de 36 heures avec Poupon. Est-ce que la remontée de l’Atlantique ne va pas renverser la vapeur ? Non pas. Alain reprend ses distances. Plus tard Poupon démâte au large des Açores et VDH, juste derrière sur son cigare rouge (Helvim), en profite pour lui ravir la seconde place. Alain Gautier, âgé de seulement 30 ans, remporte la course sans améliorer le temps de Lamazou mais avec 6 jours, 12 h et 40’ d’avance sur VDH.
 
1997 Christophe Auguin
Cette troisième édition fut la plus dure comme en atteste le grand nombre d’abandons. Seulement, six concurrents sur les seize au départ ont atteint l’arrivée. Le normand Christophe Auguin, auréolé de sa double victoire dans le BOC Challenge compte parmi ses principaux adversaires Yves Parlier et Isabelle Autissier. Tous trois courent sur des plans du Groupe Finot-Conq, un must à l’époque. En arrivant dans l’Océan Indien, Christophe (Géodis) a le champ libre car Yves et Isabelle sont contraints à l’escale technique pour avaries de gouvernail. La traversée des mers australes est particulièrement éprouvante avec plusieurs chavirages et la disparition de Gerry Roofs. Christophe tient bon et arrive aux Sables avec un nouveau record en poche (105 jours et 20 h, à 10,44 noeuds de moyenne). Et une avance, elle aussi record dans l’histoire du Vendée, de 7 jours 11h et 50’ sur Marc Thiercelin. Lui même talonné par Hervé Laurent auteur d’une remarquable performance sur le vieux Ecureuil d’Aquitaine. Christophe Auguin déclara à l’arrivée : «On ne revient pas d'un Vendée Globe sans être profondément marqué. Il me faudra sans doute plusieurs mois pour revenir à un vie normale de terrien». Plus jamais on le revit sur le Vendée.

 

2001 Michel Desjoyeaux
Avec la participation de 26 bateaux, la quatrième édition du Vendée se joue à guichets fermés. Au rang des ténors figurent bien évidemment les Figaristes patentés, tels Roland Jourdain, Michel Desjoyeaux et aussi l’extra-terrestre Yves Parlier qui a de plus un compte à régler avec ce Vendée qui par deux fois s’est refusé à lui. Il y a également un petit bout de femme, pas Figariste du tout mais qui a estomaqué la gente masculine et notamment celle de la Vallée des Fous en remportant la Transat peu avant. Nous avons nommé Ellen MacArthur sur son fier Kingfisher. Ces quatre là marquent véritablement la course. Yves casse son mât (encore une fois) mais il bluffe la planète en se fabriquant tout seul un vrai mât à l’aide des morceaux récupérés. Roland reste longtemps dans le match malgré une avarie le contraignant à naviguer grand-voile arisée (comme Guillemot actuellement). Ellen - du haut de ses 24 ans - faillit manger le «grand loup» Desjoyeaux qui propulse son PRB sur une nouvelle orbite bouclée en 93 jours et 3 h à la moyenne de quasiment douze nœuds.

2005 Vincent Riou
Tout rapproche la victoire de Vincent à celle de Michel. Le bateau est le même (un plan du Groupe Finot-Conq) que celui de 2001, le sponsor, PRB, aussi. Quant au pilote désigné par Michel, il est un peu le fils spirituel du «Professeur». C’est un technicien – il a grandement contribué à la construction et à la mise au point du bateau – aussi un régatier piqué au rappel du Figaro, et il va s’avérer un sacré marin malgré la pression qui pèse sur son destin. Du côté de l’anticyclone de Ste-Hélène, Riou prend la poudre d’escampette en compagnie de Jean Le Cam et son Bonduelle. Cette avance, les deux compères la gèrent avec sagesse dans les Cinquantièmes. Au franchissement du Horn, Le Cam passe en tête. Riou suit serein 15 h 30’ derrière, puis Golding (Ecover) revenu du diable vauvert s’invite à la fête. La remontée de l’Atlantique est passionnante entre ces trois voiliers. Elle s’achève le 2 février à l’avantage de PRB, crédité d’un chrono record (87 jours et 10 h, à la moyenne de 12,73 noeuds) et d’une avance minuscule de 6h et 30’ (un autre record historique) sur son jaune rival. Ecover, pas loin derrière, se fait attendre aux Sables. C’est normal, il vient de perdre sa quille… Mais arrivera à l’endroit.
 
Patrice Carpentier

Réservez votre séjour en Vendée Vendée Globe Junior CCI Vendée Vendée Expansion Devenez Partenaire Inscription à la newsletter La bande-annonce 2012 Affiche officielle 2012 - 2013