Vendée Globe

Soir ou matin ?

Soir ou matin ?
© Gilles Martin-Raget
Le 31 janvier 2009

Dimanche c’est certain… Mais quand ? Les dernières analyses météorologiques fournies par Météo France sont claires. Michel Desjoyeaux a encore la possibilité d’arriver dimanche matin devant le port des sables d’Olonne. A condition toutefois que le leader décide de chauffer à blanc la chaudière. Car avant de rallier le port vendéen, le skipper de Foncia va devoir composer avec une petite dorsale anticyclonique qu’il faudra traverser : des vents faibles devraient ralentir sa progression entre 22 heures et 3 heures du matin.

 

 

L’équation est simple : plus Michel Desjoyeaux ira vite dans les prochaines heures, moins longtemps il sera retenu par la zone de vents faibles qu’il devra traverser. Plus sud-ouest il sera, plus sa progression sera ralentie. Deuxième paramètre à intégrer : le monocoque blanc du vainqueur sera interdit d’accès pour cause de marée basse entre 11 heures et 17 heures. Actuellement, seul le skipper de Foncia connait la réponse.

Veolia Environnement aura subi cette nuit un excellent test sur sa capacité à relier l’arrivée dans sa nouvelle configuration, sans quille et ballasts remplis. 8000 litres d’eau, soit 8 tonnes, font office actuellement de lest mobile et permettent au dauphin actuel de Michel Desjoyeaux de continuer de progresser correctement vers la ligne. Mieux, Roland Jourdain préserve actuellement sa place puisqu’il a repris depuis hier soir près de 80 milles à Armel Le Cléac’h (Brit Air) qui s’est fait piéger dans le centre de l’anticyclone des Açores. Le navigateur de la Baie de Morlaix avançait au classement de onze heures à la vitesse dérisoire de 1,6 nœuds.

Ils sont maintenant six dans l’hémisphère nord puisque Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) a franchi l’équateur cette nuit. Si le navigateur britannique pouvait espérer être enfin sorti des pièges du pot-au-noir, il n’en est pas de même pour Dee Caffari (Aviva) qui devrait se débattre avec les calmes de la Zone de Convergence Intertropicale pour encore au moins vingt-quatre heures. Arnaud Boissières (Akena Vérandas) devrait en avoir fini avec les vents erratiques : il peut maintenant faire route vers l’équateur dans un alizé stable mais relativement faible. Steve White (Toe in the water) devra négocier une zone de transition avant de récupérer les fameux régimes d’est. Enfin Rich Wilson (Great American III) n’en a pas fini avec son pensum : les vents de nord-ouest forts qu’il affronte depuis plusieurs jours vont s’orienter au nord puis au nord-est sous l’influence d’une dépression orageuse en formation sur l’Argentine. Ne dit-on pas des allures de près, deux fois la route, trois fois la peine ?

Encore dans le Pacifique pour deux ou trois jours, Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) devraient passer le Cap Horn sous le soleil et dans vents relativement modérés… Comme en 2000-2001, c’est bien un océan complet qui séparera la tête de flotte de son arrière-garde.

PFB

 

 

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