Baston sur Armel
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Le mardi 03 février 2009 à 17:24En fin de semaine, entre jeudi soir et samedi matin, Armel Le Cléac’h sera le deuxième concurrent sur la ligne d’arrivée des Sables d’Olonne. Mais d’ici là, le skipper de Brit Air actuellement dans le nord-est des Açores, va être confronté à ce qui pourrait être son plus fort coup de vent depuis le départ du Vendée Globe : 45 nœuds de nord-ouest et une mer très grosse avec des creux pouvant atteindre 10 mètres !
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Vers une nuit en enfer ?
Pas de pitié pour les braves. A 1000 milles du terme de son périple, Armel Le Cléac’h s’apprête à passer en mode survie. A la vacation du jour, le benjamin et second de la flotte relevait déjà 35 nœuds à l’anémomètre et une « mer pénible sur les trois quarts avant ».
Malheureusement, cette situation générée par une violente dépression qui déboule du nord-ouest, va empirer aujourd’hui en fin de journée.
D’après Sylvain Mondon de Météo France, les conditions seront difficiles jusqu'au Cap Finisterre avec du vent de nord-ouest entre 35 et 45 noeuds moyens, rafales 50/60 noeuds dans les grains de la traîne et une mer très grosse (creux moyens de 7 à 10 mètres !). Le maximum est prévu dès ce soir à 19h00.
Armel pourrait bien vivre une nuit en enfer et il s’agira pour lui de faire le dos rond pour préserver son bateau avant une légère accalmie attendue demain. Les dernières ETA prévoient l’arrivée du marin de Morlaix aux Sables d’Olonne entre jeudi 5 février à 19h00 et le samedi 7 à 7 heures.
Quille totalement arrachée
C’est la perspective de ce même coup de vent qui a poussé Roland Jourdain à jeter l’éponge après presque 700 milles parcourus sur un bateau sans quille. Arrivé hier vers 18h45 à Ponta Delgada, le port de commerce de Sao Miguel, île principale des Açores, Roland et son équipe ont immédiatement procédé à un état des lieux. Toute la quille a bien été arrachée au niveau de l’ogive qui fait la jonction avec la coque. Après réflexion, Bilou estime que la perte de l’appendice a dû se faire en deux temps : le voile de quille aurait d’abord plié avant de se désolidariser complètement et lui aurait évité ainsi le chavirage immédiat. L’ordre du jour pour l’équipe de Veolia Environnement est désormais de rapatrier le plan Lombard par cargo.
Duel pour la troisième place
1200 milles dans le sillage de Brit Air, la lutte pour la troisième place est engagée. Comme Armel, Samantha Davies (Roxy) tente de passer à l’est de l’anticyclone des Açores, une stratégie qui lui permet de raccourcir la route mais qui pourrait être risquée à moyen terme avec des vents de face et faiblissants. De son côté, Marc Guillemot a décidé de « faire le tour de la paroisse », soit de rallonger la distance en contournant les hautes pressions par l’ouest, un investissement à plus long terme qui lui permettrait, d’ici une quarantaine d’heures, d’attraper l’autoroute des flux perturbés qui balayent l’Atlantique au niveau du 40e nord. Lequel d’entre eux aura raison ? Réponse d’ici deux jours. Sur l’eau, la navigatrice anglaise est troisième. Pas sur le papier. Car ‘Marco’ dispose sur elle de 50 heures de bonus, soit une marge d’environ 500 milles. Mais il en faut plus au skipper de Safran qui se bat désormais pour la troisième place en temps réel. Leur heure estimée d’arrivée se situe entre le lundi 9 et le mercredi 11 à 19h00.
De fait, cette deuxième semaine de février sera chargée aux Sables d’Olonne avec à suivre les arrivées de Brian Thompson et Dee Caffari. Le premier est actuellement dans la même configuration et la même stratégie que Safran concernant la négociation de l’anticyclone des Açores tandis que la seconde hésite toujours entre deux camps.
Pour Arnaud Boissières, il reste encore un peu moins de deux semaines de mer. Pour l’heure, Akena Vérandas navigue dans un pot au noir clément, à quelques 40 milles de l’équateur. Sauf mauvaises surprises dans la zone de convergence intertropicale, son entrée dans l’hémisphère Nord est prévue pour ce soir. En attendant, « Cali » relatait son plaisir d’être en mer sous les grains de pluie tiède, accompagné par des centaines de dauphins.
Sedlacek seul dans le Pacifique
Derrière, Steve White progresse dans les alizés de sud-est, en approche du pot au noir tandis que Rich Wilson, aux prises avec les dépressions orageuses qui sévissent au large de l’Uruguay, a connu de gros soucis de pilote automatique qui l’a obligé à faire cap à l’envers de la route, le temps de tout réparer. Raphaël Dinelli, dans le sud des Malouines, profite pour l’instant de généreux vents portants d’une vingtaine de nœuds.
Un seul concurrent n’a pas encore franchi la frontière de l’océan Atlantique : l’Autrichien Norbert Sedlacek qui évolue sur une mer d’huile, en plein anticyclone, à 195 milles du cap Horn. Nauticsport-Kapsch devrait doubler la pointe sud de l’Amérique du Sud d’ici 36 heures.
C.El
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