Sans quille !
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Le lundi 09 février 2009 à 17:27Marc Guillemot n’a pas réussi à circonscrire complètement son problème de quille qui s’est déplacée dans son puits, au point que la mer a finalement eu raison du système de brélage réalisé par le solitaire pour sécuriser le bateau. Le lest a coulé et Safran navigue donc à vitesse réduite, ballasts pleins. Et une tempête est annoncée pour la nuit prochaine et mardi matin sur la Vendée…
Eléments associésSkippers |
Crise d’appendicite… Après Dominique Wavre (Temenos II) avant les Kerguelen, Jean Le Cam (VM Matériaux) avant le cap Horn et Roland Jourdain (Veolia Environnement) en approchant des Açores, c’est au tour de Marc Guillemot de voir que son appendice n’est plus opérationnel. Et pour cause : tout le bas de la quille repose désormais par plus de trois milles mètres de fond, à 250 milles au Nord de Sao Miguel, à 800 milles de la pointe espagnole et à environ 1 000 milles des Sables d’Olonne ! Le skipper de Safran semblait en fait plutôt soulagé de ne plus avoir sa quille à moitié sortie de son logement : bien que Marc Guillemot ait pu la bloquer dans l’axe en la retenant par des cordages traversant le rouf pour se fixer sur le mât, les trois tonnes de plomb plongé à 4,50 mètres de profondeur avaient toujours de quoi déplacer le voile de quille. Le bras de levier est tel que l’appendice aurait pu détruire le puits, voire les fonds du bateau, provoquant une voie d’eau impossible à colmater !
Pour la troisième marche…
Comme Roland Jourdain avant les Açores, Marc Guillemot a donc réduit la toile et remplit tous ses ballasts au vent pour alourdir le bateau et lui donner plus de stabilité. En fait, la dépression qui va balayer la Vendée la nuit prochaine et mardi matin, est loin devant Safran qui n’avait plus qu’une quinzaine de nœuds de vent de Nord-Ouest sur une mer qui s’assagissait. Pour l’instant, le navigateur essaye toujours de faire route vers Les Sables d’Olonne pour finir le parcours et être classé : les simulations laissent entendre que le solitaire pourrait atteindre le but en fin de week-end ou en début de semaine, selon les pièges météorologiques de l’Atlantique…
Et pendant ce temps, Samantha Davies (Roxy) s’est aussi fait sérieusement brasser au large des Açores lors du passage d’un front très actif avec une mer déferlante et de grosses rafales à plus de cinquante nœuds. La Britannique était ce lundi après-midi à moins de 1 000 milles de l’arrivée et devait repasser devant Marc Guillemot avant la nuit. Reste à savoir si la navigatrice pourra finir avec plus de 50 heures de marge pour l’acquisition de la troisième marche du podium… puisque les deux solitaires ont été redressés, Marc avec 82 heures de bonus, Samantha avec 32 heures. Mais l’Atlantique réserve encore des rebondissements car après cette tempête dans le golfe de Gascogne, l’anticyclone des Açores s’installe pile sur la position des deux skippers… De quoi faire une pause sur Safran après ces journées harassantes pour Marc Guillemot et de quoi tenter une échappée pour Sam Davies !
Un laborieux final
Pour les deux autres Britanniques qui poursuivent les deux prétendants au podium, la situation ne va pas être des plus simples : justement avec ces hautes pressions qui vont bloquer le passage entre les Açores et le golfe de Gascogne… Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva) vont probablement devoir incurver leur route vers le Nord-Nord Est pour éviter les calmes anticycloniques. Leurs estimations d’arrivée oscillent entre lundi matin et mercredi soir, alors que Samantha Davies est plutôt attendue entre jeudi après-midi et vendredi soir ! Alors que pour Arnaud Boissières, ce déplacement des hautes pressions est plutôt une bonne nouvelle : dès mardi, le skipper de Akéna Vérandas va enfin quitter des alizés d’Est pour un bon flux de Sud-Ouest. Il devrait pouvoir grignoter des milles sur Brian et Dee.
Et avec un peu de chance (enfin !), Steve White ne va pas naviguer trop longtemps au près : lui aussi va voir les alizés de Nord-Est s’incurver vers le Sud, puis le Sud-Ouest à la latitude des Canaries, mais il lui faudra auparavant, traverser une zone de transition avec des vents faibles. Rich Wilson (Great American III) progresse lui aussi dans des alizés d’Est, mais dans l’hémisphère Sud : l’Américain a encore 1 300 milles avant de franchir l’équateur… Quant à Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital), la dépression qui l’a cueillie après les Malouines a été dure à vivre : plus de cinquante nœuds contraire, ce n’est pas très agréable mais le vent est ce lundi après-midi devenu portant et nettement moins musclé. Les conditions de navigation sont à peu près les mêmes pour Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) car l’Autrichien sort enfin des mers du Sud.
DBo.
Infos précédentes :
- 09/02/09 à 17:27 : Sans quille !
- 09/02/09 à 11:32 : Problème de quille à bord de Safran
- 09/02/09 à 10:00 : Clap de fin avec le résumé en images du 91e jour de course...
- 09/02/09 à 08:54 : Piano et sano
- 08/02/09 à 17:51 : Pressé mais stressé
- 08/02/09 à 09:12 : Steve White dans l’hémisphère nord
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