Un trou dans le golfe

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Le mercredi 11 février 2009 à 09:18
© BRIAN THOMPSON / BAHRAIN TEAM PINDAR / VENDEE GLOBE

Alors que Samantha Davies est à moins de 600 milles de l’arrivée ce mercredi matin et que Marc Guillemot arrive à maintenir une vitesse supérieure à dix nœuds malgré l’absence de quille, les conditions météorologiques sont en plein chambardement sur les derniers milles de course… 

Il y a un trou dans le golfe, un trou de vent béant qui impose de faire route au Nord à Nord-Est pour les quatre prochains navigateurs attendus aux Sables d’Olonne. Mais heureusement, en bordure de cette zone sans vent qui s’installe en plein milieu du golfe de Gascogne, un flux de secteur Sud-Ouest à Ouest permet de maintenir une vitesse très correcte sur une mer enfin assagie, pour quelques heures encore. De quoi rassurer Marc Guillemot (Safran) qui en l’absence de quille, peut tout de même faire des pointes à plus de quatorze nœuds et une moyenne supérieure à onze nœuds ce mercredi matin… D’ailleurs Samantha Davies (Roxy) qui a pris la troisième place au classement provisoire depuis hier, n’est pas beaucoup plus rapide dans cette brise qui dépasse rarement plus de quinze nœuds. Et à ce rythme-là, la jeune Britannique pourrait bien en finir dès samedi !

 

Une approche par à-coups

Mais voilà : s’il y a encore du gradient de pression entre les Açores et le golfe de Gascogne, cela va totalement changer dès jeudi midi ! C’est un véritable magma sans consistance qui va se propager de la Vendée à Ouessant jusqu’au grand large de la pointe de la Bretagne… Seule solution : contourner par le Nord cette énorme bulle en sachant que les calmes vont de toute façon freiner considérablement la progression, mais au moins, le retour du vent se fera par cette voie du Nord. En bref, pour parer le trou, il faut faire un grand swing vers Ouessant, pour une approche délicate et progressive, afin d’amerrir sur le « fair-way » vendéen pour putter vers les Sables… En évitant les « bunkers » répartis sur la route et à position fluctuante ! Les golfeurs sauront retrouver leurs marques dans ce jeu pour faire « birdy »…

 

Donc il devient très délicat de prédire une arrivée car si ce mercredi, la progression des quatre prochains solitaires attendus aux Sables d’Olonne est plutôt bonne, c’est à partir de demain jeudi que les choses se gâtent… Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) qui est bien revenu la nuit dernière grâce à un flux de Sud puissant, a pu faire le break face à sa compatriote Dee Caffari (Aviva) et revenir sur Marc Guillemot : malheureusement, ce n’est un effet éphémère puisque les deux Britanniques seront les premiers à se faire engluer…

 

Quant aux autres navigateurs, les conditions sont très modérées et il n’y a pas beaucoup de solutions, si ce n’est patienter jusqu’à ce que Eole reprenne des couleurs : Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) peine dans un vent peu coopératif au large des Canaries et s’il tente de revenir par la terre, cela risque d’être très provisoire car quand l’anticyclone va revenir à son état normal, la solution de couper le fromage pourrait être pénalisante. Steve White (Toe in the Water) n’a pas d’autre choix que de monter au près contre les alizés de Nord-Est capverdiens alors que Rich Wilson (Great American III) arrive à s’extraire des côtes brésiliennes. Pour Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), il faut encore affronter des vents contraires, au moins jusqu’à la latitude de Rio de Janeiro…