Si près, si loin

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Le samedi 21 février 2009 à 11:01
© Mark Lloyd / DPPI / Vendée Globe

Sauf retournement de situation, Arnaud Boissières devrait couper la ligne d’arrivée devant la bouée de Nouch Sud demain dans la matinée… Plus que 150 milles avant la fin du voyage. Entre satisfaction d’avoir bouclé l’aventure et nostalgie du bonheur d’être en mer, les sentiments se bousculent.

Plus qu’une petite journée et c’en sera terminé. A bord d’Akena Vérandas, Arnaud Boissières doit savourer ces dernières heures avec gourmandise. Il sait que d’ici peu de temps, il va se retrouver happé par la foule qui va l’accueillir, les proches, son équipe technique. Alors, forcément, ces heures-là comptent peut-être plus que d’autres. C’est le moment de faire une sorte de bilan, de pouvoir se dire : « je l’ai fait », de rester encore à l’écoute de la carène qui progresse dans la vague, de sentir encore une fois le bateau qui prend de la gîte sous l’effet d’une risée un peu plus puissante. On imagine aussi que derrière la petite inquiétude de se retrouver propulsé brutalement dans le monde des terriens, se profile aussi la joie de retrouver les intimes, constater que le petit a grandi, accueillir à son bord sa copine Dee Caffari d’un tonitruant « c’est parti mon kiki… » ou autre marque de la complicité qui a uni les deux navigateurs solitaires dans ce tour du monde. Plus que vingt-quatre heures, ce n’est rien et c’est une éternité.

Steve White (Toe in the water) devra quant à lui, attendre au moins jusqu’au 26 pour passer la ligne. Un choix de route légèrement hasardeux retarde son ETA : plutôt que de gagner dans le nord pour pouvoir contourner la bulle anticyclonique, Steve a privilégié la route directe qui va l’obliger maintenant à tirer des bords jusqu’à l’arrivée. Fatigue et manque de lucidité ? Fatalisme lié au bonheur d’être en mer ? Toujours est-il que le navigateur britannique aura réalisé une course totalement remarquable et témoigné d’une joie de vivre en mer épatante.
Rich Wilson (Great American III) devrait quant à lui arriver dans la première semaine de mars. Il devrait être accueilli par le vainqueur du Vendée Globe qui l’a grandement aidé et conseillé en amont de la course pour valider ses choix techniques. Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) subit les premiers effets du pot-au-noir quand Norbert Sedlacek (Nauticsport – Kapsch) profite des alizés de sud-est pour engranger des milles sous le soleil. Un tour du monde peut parfois prendre des airs de vacances…

 

PFB