Attendu dans la matinée, Steve White a finalement franchi la ligne en tout début d’après-midi. Il entre dans le chenal à 15 heures, accueilli par une foule toujours aussi compacte venue accueillir une des révélations de cette édition 2008 - 2009.
A 13 heures, Toe in the water n’est plus qu’à cinq milles de ligne d’arrivée. Il fait grand beau sur les Sables d’Olonne, mais le vent n’est pas au rendez-vous. Les premières vedettes d’accompagnement le rejoignent dont un semi-rigide avec à son bord, sa femme Kim et ses trois fils Jason, Isaac et Euan. Steve navigue sous grand-voile haute et gennaker à près de huit nœuds. Le skipper de Toe in the Water semble en bonne forme. Il parait presque embarrassé d’un tel accueil. Rasé de près, les cheveux lavés, il s’approche de la ligne. Il reste à espérer qu’il a réussi à trouver un autre shampooing que l’huile de cuisine qu’il a utilisé jusque là ; Kim, sa femme, l’a prévenu qu’il était hors de question pour elle de s’approcher de lui s’il sentait l’odeur de frite ! Steve a roulé sa trinquette pour les derniers milles, le vent mollit… Autour de lui, ses amis, sa famille agitent des pieds en plastique, en référence à l’organisation « Toe in the water ». La ligne s’approche peu à peu, Steve agite le bras mais reste concentré jusqu’au bout.
A 13h 38 mn 55s, Steve franchit la ligne entre la bouée de Nouch Sud et le bateau comité. Il ne bondit pas de joie, reste là, ébahi, juste à sourire tranquillement et faire de grands signes. Il semble incroyablement calme.
« Il faut que je prenne le temps de réaliser ce que j’ai fait. J’ai juste ce sentiment de revenir de longues vacances en mer… je n’ai jamais pensé que je pourrais ne pas finir cette course, même dans les moments difficiles. Dans ces cas-là, il suffit de faire ce que l’on doit… Le résultat ? C’est incroyable d’une certaine manière. J’ai eu beaucoup de chance. Je sais aussi que certains qui ont dû abandonner étaient d’excellents marins ; j’aurais préféré parfois faire ce que j’ai fait sans bénéficier de la casse et voir les rêves de certains s’évanouir. J’aurais préféré finir plus proche de Dee et Cali, mais la météo distribue les cartes comme bon lui semble. La réparation du vit-de-mulet a été aussi solide que possible même si cela provoquait d’horribles bruits de craquements. Le temps perd tout son sens. Je suis réellement perdu. Tout est allé si vite… »
Le parcours de Steve en quelques étapes
9 novembre : départ, mais maigre sommeil pour Steve : "je ne me suis pas couché avant 2 h du mat' car on avait encore plein de choses à faire..."
- 11 novembre : traverse la tempête dans le Golfe de Gascogne sans subir trop de dégâts. Un départ prudent qui lui permet de fêter tranquillement son 36ième anniversaire.
- 12 novembre : petit incendie à bord à cause d'un problème électrique. Grosse fumée à l’intérieur du bateau.
- 16 novembre : bagarre avec deux de ses compatriotes, Dee Caffari (Aviva) et Jonny Malbon (Artemis), mais les bateaux plus modernes creusent l'écart.
- 20 novembre : se fait doubler par Mich' Desj'.
- 21 novembre : Steve est ralenti dans le pot au noir et perd 200 milles sur les leaders en l’espace de deux jours.
- 24 novembre : Steve franchit l'Equateur. Il porte un toast à Neptune avec un peu de vin offert par Norbert Sedlacek, mais ne fait pas des bêtises : "Je ne me suis pas couvert de porridge!"
- 2 décembre : jusqu'à ce jour Steve n'avait pas jamais passé plus de 22 journées consécutives en mer.
- 8 décembre : Toe in the Water franchit la longitude du Cap de Bonne Espérance. Steve est le 18ème skipper à entrer dans l'Océan Indien.
- 11 décembre : après s'être trompé, Steve passe la seconde porte des glaces : “j'aurais bien voulu dire que c'était un problème technique, mais j'ai tout simplement oublié d'entrer ces données dans mes calculs ! »
- 18-19 décembre : des soucis de pilote automatique. Toe in the Water couche plusieurs fois le mât dans l'eau.
- 24 décembre : le vent dépasse 50 noeuds. La fixation du vit de mulet casse, mais la mer est trop forte pour pouvoir s'occuper des réparations.
- 26 décembre : 367 milles en 24 heures , la meilleure moyenne ce jour-là de toute la flotte.
- 29 décembre : en 13ème position à 310 milles au sud-ouest de la Nouvelle Zélande.
- 1er janvier : passe sa journée à réparer ses pilotes.
- 5 janvier enfin du calme et de bonnes vitesses, mais à l'intérieur, "C'est le bazar. Cela ressemble à une chambre d'étudiant. J'ai des vêtements qui sèchent partout, des éléments du vit de mulet et de la plomberie."
- 7-9 janvier : Toe in the Water est ralenti dans l'anticyclone qui règne sur le Pacifique. Steve perd 350 milles en trois jours sur Arnaud Boissières et Dee Caffari.
- 19 janvier : Steve devient cap-hornier et effectue des réparations sur son chariot de grand-voile.
- 30 janvier : ralenti au large de Rio.
- 4 février : un temps superbe, mais des conditions monotones et aucun adversaire dans un rayon de 500 milles.
- 6 février : Armel termine second au moment où Steve se prépare à entrer dans le pot au noir.
- 8 février : Toe in the Water franchit l'équateur. Retour dans l'hémisphère Nord.
-26 février : Steve termine huitième du Vendée Globe 2008-2009.