Le tour du monde de Sedlacek

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Le dimanche 15 mars 2009 à 20:25
© NORBERT SEDLACEK / NAUTICSPORT KAPSCH / Vendée Globe

Au cours de ces dernières années, les Autrichiens ont brillé en voile dans les Jeux Olympiques avec des médailles en Tornado, en planche à voile et en laser, mais aujourd'hui c'est Norbert Sedlacek, qui établit un record en devenant le premier Autrichien à faire un tour du monde sans escale, terminant onzième de cette sixième édition du Vendée Globe. Au terme de 126 jours, 30 heures, 32 minutes et 56 secondes de mer, le skipper du monocoque Nauticsport-Kapsch a franchi la ligne d'arrivée ce dimanche 15 mars à 18h 33mn.

Déterminé depuis son plus jeune âge
Durant son adolescence, Norbert s'intéressait plutôt au football qu'à la voile. Il travaillait comme serveur dans un hôtel à Vienne avant de devenir traminot. Puis il dévora les histoires de Tabarly et du premier Autrichien à faire le tour du monde, Wolfgang Hausner. Très tôt, Norbert voulu faire un tour du monde. D'abord sur un plan Wolf de 28 pieds qu'il construisit lui-même dans un parking en 1998. Enfin ce monocoque de 60' qu'il préparera en autodidacte, connaîssant chaque millimètre de ce bateau.

De tous les skippers de ce Vendée Globe, Sedlacek aura sans doute passé le plus de temps à la barre de son bateau, en course mais aussi en croisière. Norbert a confirmé ses talents de marin et il souligne régulièrement le plaisir qu'il a trouvé chaque jour durant sa course. Victime de l'une des plus grosses tempêtes de la course, peu après les Malouines, son Nauticsport-Kapsch avait été rattrapé par une dépression avec des rafales de plus de 80 noeuds.

Au cours des premières semaines de course, la préservation du matériel fut son souci principal, mais il avait  hâte de retrouver les mers du sud et voulait se bagarer dans ces latitudes. Pendant longtemps il a navigué proche de Raphael Dinelli et l'a quasiment rattrapé lorsque le Sablais a voulut faire escale à Trinidade, au large du Brésil. Cela allait marquer le début d'un rapprochement avec le français. Ils se connaissaient déjà avant la course, car leurs bateaux étaient amarrés bord à bord à Port Olona et dans le Pacifique, les deux bateaux se sont trouvés parfois séparés de seulement quelques milles. A la première porte des glaces, 18 milles séparaient les deux bateaux et par la suite c'était régulièrement qu'ils se retrouvaient avant de se séparer de nouveau. Pour les réveillons, Sedlacek avait même une avance de 250 milles sur Dinelli. Le 17 janvier, les deux navigateurs ont passé la journée ensemble, mais lors du passage de la Porte du Pacifique Ouest, Dinelli a plongé vers le sud et pris la poudre d'escampette.
Sedlacek a eu pas mal de soucis techniques, mais ne s'est jamais plaint et ne s'est pas découragé. Quatre jours après avoir cassé son étai, il a perdu son génois passé par-dessus bord pendant une tempête, le 16 décembre dernier. Il lui faudra plus de quatre heures pour le récupérer.

Le 23 janvier, il perdait l'usage de ses instruments le contraignant à effectuer la fin de son tour du monde sans données de vent. Deux jours plus tard, il rencontrait des dégâts sur son rail de grand voile et ce n'est qu'un mois plus tard dans le pot au noir, qu'il pourra faire l'ascension du mât pour réparer. Pendant cette ascension il découvrira des fissures dans son gréement. Enfin le 31 janvier, il était confronté à des rafales de plus de 80 nœuds lors du passage d'une dépression dans l'Atlantique Sud.

Norbert Sedlacek annonce déjà qu'il souhaite participer au prochain Vendée Globe sur un bateau plus moderne. Il peut être content ce soir d'avoir réussi son aventure.