La ligne droite d’Arnaud Boissières

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Le mardi 28 juillet 2009 à 16:17
© PIERRICK CONTIN / DPPI / Vendée Globe

Ils ne sont pas nombreux ceux qui, à l’orée de la saison 2010, savent déjà qu'ils seront sur la ligne de départ du Vendée Globe 2012. Arnaud Boissières est de ceux-là et fait mentir chaque jour un peu plus l’origine de son surnom de Cali, si ce n’est par cette dose permanente d’autodérision et de fausse ingénuité. A mesurer le chemin parcouru on peut dire que Caliméro a définitivement brisé sa coquille. En dix ans, l’Arcachonnais a gravi patiemment les marches qui l’ont conduit aujourd’hui à se poser d’emblée comme un sérieux outsider de la prochaine édition du tour du monde en solitaire.

« Je m’étais dit à la veille du départ qu’au final une place entre dix et quinze serait déjà un beau résultat. Alors, finir dans le top ten… »  Au delà de la satisfaction évidente du résultat, ce que retient Arnaud Boissières, c’est le plaisir qu’il a pris à mener dans les mers du sud un bateau qu’il avait appris à apprivoiser et qui correspondait parfaitement à la montée en puissance qu’il avait programmé. Son histoire d’amour avec la course au large commence pourtant par un apprentissage pour le moins rugueux. Engagé dans la Mini-Transat en 1999, il est victime d’avarie et doit faire demi-tour pour réparer. Arrivé avec près d’une semaine de retard aux Canaries, il aura tout juste le temps de refaire des vivres pour repartir sur la seconde étape. « Cali » est fidèle à son patronyme. Suivra ensuite une nouvelle Mini-Transat qu’il prépare de concert avec son pote Yannick Bestaven et qu’il termine à la troisième place. Suivront quelques saisons en Figaro Bénéteau « qui m’ont permis de parfaire mon apprentissage sportif», puis une longue pige comme skipper à bord de Solune, un maxi yacht de croisière. De ces trois expériences, Arnaud Boissières va constituer le bagage nécessaire à son projet Vendée Globe. Le propriétaire de Solune a fait l’acquisition de l’ancien bateau de Thomas Coville puis Sébastien Josse. Ce plan Finot commence à avoir un âge vénérable pour un bateau de course, mais le bateau est parfaitement sain. Pour un premier Vendée Globe, il fera parfaitement l’affaire.  La rencontre avec les dirigeants d’Akena Vérandas lui permet de boucler le projet, la machine est en route.

Pour ce Vendée Globe 2008, Arnaud ne déroge pas aux principes qui ont guidé tout son parcours jusque là : « Le fait d’avoir moi-même monté une aventure en mini m’avait amené à connaître toutes les facettes du travail de préparation. Pour démarrer en 60 pieds, je voulais un  projet qui soit simple, en adéquation avec mon potentiel sportif sur une course que je découvrais… Enfin, je voulais pouvoir travailler en harmonie et collaboration avec l’équipe technique que j’avais choisie. » Car Arnaud Boissières est un homme de principes : il monte un groupe où les valeurs communes sont aussi importantes que la compétence technique. Il parviendra ainsi au départ du Vendée fort d’une certaine sérénité. Le reste n’est plus que du bonheur : après un premier temps d’adaptation au bateau, il goûte avec avidité la magie des mers du sud, découvre la vie en solitaire dans des latitudes encore vierges, se révèle grand ambassadeur de l’amitié franco-britannique lors de son duel avec Dee Caffari… A l’arrivée, il réalise la portée des rêves qu’il a véhiculés dans son sillage, ébahi devant la foule qui est venu l’accueillir. Quelques semaines plus tard, Arnaud Boissières pouvait annoncer qu’il serait présent sur la ligne de départ à bord de l’ancien bateau de Vincent Riou : la belle aventure continue et ce n’est que justice.