Depuis son retour prématuré du Vendée Globe pour cause d’incident mécanique (rupture de barres de flèche à bord de Delta Dore), Jérémie Beyou a soif de revanche. Son objectif est clair pour les années à venir : relancer un projet. Concrètement, il est en quête d’un partenaire lui permettant de remettre le pied à l’étrier de la ronde planétaire. Delta Dore a mis le 60 pieds vert et blanc en vente et son ancien skipper doute fortement de trouver nouveau sponsor dans les temps pour récupérer le voilier rapidement. Il voit plutôt le futur se décliner avec la fabrication d’un nouveau 60 pieds IMOCA.
Au moment d’établir un premier bilan de ses escapades océaniques malheureusement soldées par deux abandons, à la Barcelona Race puis au Vendée Globe, Jérémie s’est entretenu avec Michel Desjoyeaux car il considère que ce marin solitaire est au dessus du lot et il lui tenait d’avoir son opinion et ses retours sur la course autour du monde. Jérémie voue un grand respect au « professeur » qui date de leurs joutes en monotype Figaro au point qu’il faillit rallier le tandem Riou/Desjoyeaux au moment d’initier son projet 60 pieds voici trois ans. Cela ne fut pas possible car les deux marins, Vincent et Jérémie (Michel n’avait alors pas encore de commanditaire) souhaitaient tous deux disposer de leurs nouveaux 60 pieds pour la Route du Rhum. Il en est resté des échanges de vue avec Michel d’autant plus d’actualité que depuis Vincent vole de ses propres ailes. Il en est resté aussi une complicité puisque Michel a proposé à Jérémie d’embarquer sur Foncia pour la Transat Jacques Vabre et même avant pour la course de l'Europe. Jérémie : « Sitôt le Figaro achevé à Dieppe, on s’envole vers Istanbul pour retrouver le voilier vainqueur du Vendée Globe engagé dans cette nouvelle course en équipage qui fera escale à Nice et Barcelone et s’achève à Brest ». Ce Tour de l’Europe bouclé, Jérémie et Michel navigueront tous les deux sur Foncia en vue de la transat en double. Et après ? Ces deux marins d’excellence pourraient ne pas se séparer. Jérémie : « Je lui ai demandé s’il était d’accord pour bosser avec moi sur mon projet Vendée Globe 2012/2013 et il m’a dit pourquoi pas ?... On s’entend bien, on s’apprécie et j’aimerai vraiment que cela se fasse ainsi ».
En attendant les deux compères s’affrontent sur la très exigeante Solitaire du Figaro. Après trois ans d’absence sur le circuit, Jérémie Beyou a montré d’entrée de jeu qu’il restait dans le coup en remportant le prologue. Son bateau s’appelle Bernard Paoli, un nom bien connu des « voileux » de Carantec dont la famille a souhaité honorer la mémoire en l’associant au défi relevé par Jérémie. L’histoire est belle et forte un peu comme celle de Michel Desjoyeaux, inusable maréchal des solitaires n’hésitant pas à se remettre en question dans cette épreuve « à armes égales » qu’il a déjà remportée trois fois.