La transat des retrouvailles

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Le jeudi 29 octobre 2009 à 18:28
© SAM DAVIES / ROXY / Vendée Globe

Un an déjà… Un an que la flotte des solitaires s’élançait des Sables d’Olonne pour un Vendée Globe d’anthologie. Un an plus tard, voilà donc une grande partie des protagonistes de l’épopée 2008 qui vont s’offrir un grand bol d’air du large entre Le Havre et Puerto Limon au Costa Rica à l’occasion de la Transat Jacques Vabre.

Dernier bal, revanche sur le destin, tremplin pour demain, cette transatlantique, si elle met aux prises quelques uns des plus emblématiques skippers du dernier Vendée Globe n’aura pas forcément le même sens pour tous. Pour certains, c’est l’occasion de parachever une histoire avant de se projeter vers demain ; pour d’autres c’est une revanche sur un destin contraire qui s’est acharné contre eux l’hiver dernier et l’espoir que les beaux jours vont refleurir. Enfin pour quelques uns déjà c’est déjà un tremplin vers de nouvelles ambitions…
 
Comme un paraphe
Michel Desjoyeaux, Dee Caffari ont, chacun à leur manière, écrit quelques fort jolies pages de ce dernier Vendée Globe. L’un, en devenant le premier navigateur à réussir le doublé dans cette course exceptionnelle, au terme d’une chevauchée fantastique digne des meilleurs westerns de John Ford. L’autre, toute en humour et ténacité, en étant la première femme à boucler le Tour du Monde en solitaire dans les deux sens. Comme mademoiselle est sujette de sa Gracieuse Majesté, Dee avait commencé par le tour « à l’envers », ce qui ne l’avait pas empêché de témoigner de la difficulté de rivaliser avec les habitués du circuit IMOCA. Pour ces deux-là, la Transat Jacques Vabre est l’occasion de mettre un point d’orgue à un parcours méritoire.

Nouveau départ
Pour d’autres cette course devrait marquer le début d’une nouvelle histoire : Arnaud Boissières qui repart avec le même partenaires mais sur l’ancien bateau de Vincent Riou devra-t-il revoir ses ambitions à la hausse, malgré une remarquable septième place dans la dernière édition ? Sam Davies ne fait pas mystère de son intention de pouvoir être présente sur la ligne en 2012 à la barre d’un bateau neuf, quand d’autres devraient prolonger leur bail jusqu’à la prochaine édition à l’instar d’un Armel Le Cléac’h ou d’un Alex Thomson. Cette nouvelle course est aussi l’occasion de voir l’arrivée en force des Espagnols qui voudront démontrer qu’ils ont toute leur place dans le grand orchestre international des 60 pieds IMOCA, et pourquoi pas, à l’avant-scène…

Moral tout neuf
Pour les éclopés du dernier Vendée Globe, cette course transatlantique est aussi l’occasion de démontrer que la page est définitivement tournée. Kito de Pavant comme Marc Guillemot auront sûrement à cœur de démontrer la vélocité de leurs deux plans Verdier. D’autres voudront laisser derrière eux le signe indien à l’instar d’un Mike Golding, d’un Alex Thomson, d’un Sébastien Josse, d’un Roland Jourdain ou d’un Marc Thiercelin. Plusieurs ont tutoyé les sommets avant de devoir jeter l’éponge. Alors, on se prend à rêver et se dire que, pour une fois, l’histoire pourrait peut-être repasser les plats et que ce serait peut-être justice que la route du podium s’ouvre devant leur étrave.

Couples entre passions et raison
Il faudrait encore parler des tandems qui se sont constitués pour cette traversée de l’Atlantique en double. Pour certains duos, les caractères parfois dissemblables s’accommoderont de vraies complémentarités techniques. Sur d’autres bords, c’est la logique du vieux couple qui prévaut : on se connaît depuis si longtemps qu’on ne changera pas demain. Parfois, la transmission du savoir sert de fil conducteur. L’essentiel étant que le duo fonctionne en situation de compétition… Les résultats et l’ambiance du bord seront des indicateurs précieux, même si l’on sait que tous ces navigateurs conservent une pudeur nécessaire sur les petites contrariétés de la vie à deux, en espace clos.

Au final, ils seront donc seize anciens du Vendée Globe sur cette Transat Jacques Vabre. Quinze d’entre eux pourront s’affronter en IMOCA quand un fera cavalier seul. Jean Le Cam sera le coéquipier d’Yves Le Blévec en Multi 50. Mais on sait depuis longtemps que le marin de Port la Forêt a un faible pour les chemins de traverses.