2016 Tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance

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L’IMOCA, kézako ?

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De par son caractère doublement extrême, tant au niveau sportif qu’humain, le Vendée Globe domine le monde de la course au large et reste le rêve ultime de chaque skipper de la classe IMOCA… Mais qu’est-ce que la classe IMOCA ? Présentation de cette association gérant les monocoques Open de 60 pieds (18,28 mètres de longueur) depuis plus de vingt ans.

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Armel Le Cleac'h
© Vincent Curutchet / Dark Frame / DPPI

Aux Sables d'Olonne, le 26 novembre 1989, treize skippers s‘apprêtent à accomplir ce qu’aucun n’a encore jamais réalisé : un tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale. Une boucle de 24 000 milles que Titouan Lamazou achève le premier au bout de 109 jours. Juste avant la seconde édition, dont le départ était donné trois ans plus tard, plusieurs skippers dont Isabelle Autissier, Alain Gautier ou encore Jean-Luc Van Den Heede entreprennent de créer une nouvelle classe de voiliers de course au large. Le chavirage de Philippe Poupon sur son Fleury Michon X lors de la première édition avait alors suscité beaucoup de discussions de la part des skippers sur la sécurité des bateaux. Depuis 1991, la classe IMOCA (pour International Monohull Open Class Association) se concentre ainsi sur la catégorie reine, celle des monocoques de 60 pieds. La conception de ces voiliers de course au large de 18,28 m de long est organisée par un ensemble de règles, appelé jauge (la jauge Open 60’, gérée par l’IMOCA), qui leur confère un look et des performances relativement proches. La jauge est dite « open », ce qui laisse toute latitude dans le choix du gréement, des voiles, de la quille. L’IMOCA regroupe aujourd’hui tous les coureurs, organisateurs, architectes et autres acteurs de la voile concernés par le développement de la classe et propose un programme des plus attractifs aux skippers.

 

Reconnue « classe internationale » par la Fédération internationale de voile en 1998 et organisme international de référence, la classe IMOCA a toujours eu comme rôle principal d’élaborer des règles de courses permettant de progresser tant sur le plan sportif que dans le domaine de la sécurité. Soucieuse de soutenir l’internationalisation de la course au large, l’IMOCA s’est fixée un autre objectif majeur : promouvoir les plus grandes courses océaniques, toutes plus prestigieuses les unes que les autres, entraînées dans le vent de popularisation du Vendée Globe. Transat Jacques Vabre, Transat B to B, Barcelona World Race et bien d’autres sont autant de courses, en solitaire comme en double, réservées aux IMOCA. Regroupant ainsi deux tours du monde, un tour d’Europe et plusieurs transatlantiques, consacrant les plus grands skippers sur les mers les plus difficiles du globe, l’IMOCA conjugue au quotidien les notions de compétition, d'innovation, d'aventure humaine et de sécurité. En marge de ses courses en solitaire et en double, la classe IMOCA organise son Championnat du Monde annuel, basé sur un système de points, en fonction du calendrier international.

 

Mais l’IMOCA, au-delà de sa propre croissance et de ses projets, fait du développement technologique des monocoques une de ses priorités. La classe considère en effet les 60 pieds comme de fabuleux laboratoires dédiés à l’innovation et susceptibles d’apporter de nouvelles solutions à l’industrie nautique. Par exemple, l’évolution de la jauge a permis de faire progresser de manière significative la sécurité des bateaux (test de retournement et de stabilité, renforcement de la sécurité passive, trappes de sécurité…). Œuvrant également dans la recherche et dans le développement de solutions durables et responsables en vue des changements climatiques, la classe IMOCA garde le souci permanent du meilleur respect de l’environnement et l’utilisation des énergies renouvelables comme ressources mais aussi comme facteurs de performance. Les skippers IMOCA contribuent alors chaque jour au développement et à la mise au point de solutions de productions énergétiques alternatives (hydrolienne, éolienne, solaire, pile à combustible).

 

Aurélia MOURAUD

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