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Thomas Coville : « Le Vendée Globe, c’est mon parcours initiatique »

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Edition 2000-2001. Thomas Coville a trente ans et un bateau sponsorisé pour la première fois par Sodebo. Le Vendée Globe est une révélation, une introspection pour ce jeune marin. Depuis, il compte 9 passages du cap Horn et 7 tours du monde, bouclés en solitaire et en équipage.

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Thomas Coville
© Gilles Martin-Raget

Il n’est pas du genre à la ramener. Il vit sa vie de grand marin avec beaucoup d’humilité et de recul. Et de poésie même, quand il parle de ses tours du monde… « Après chaque tour de la planète, malgré les déconvenues, les déceptions, les moments de bonheur, mon introspection fait ressortir beaucoup de choses positives et valorisantes. C’est un moyen dont je dispose pour m’épanouir en tant qu’homme, mari, père, copain… ».

 

Revenu d’une Volvo Ocean Race en vainqueur en juin dernier, Thomas avoue que ça lui a fait du bien : « Après mes deux tours du monde où je n’ai pas réussi à battre le record, la Volvo a été très bénéfique pour moi. J’ai rebondi sur ce projet difficile et ambitieux, avec un skipper lui aussi difficile et ambitieux (ndlr : Franck Cammas). A force de naviguer seul, sans confrontation, tu peux douter parfois de tes capacités. Aujourd’hui, je me sens plus fort ».

 

Homme le plus rapide de la planète en 2009 (ndlr : record de vitesse sur 24 heures en solo avec 628,5 milles parcourus à 26,2 nœuds - record battu cet été par Francis Joyon avec 668 milles), probablement le marin le plus déterminé à aller le plus vite possible autour du globe en solitaire, Thomas repart en 2013 sur Sodebo, son maxi trimaran de 31 mètres. Objectif : le chrono absolu autour du monde en solitaire.

 

Maxi-trimaran SodeboA quelques semaines du départ de Vendée Globe, il se souvient du sien, il y douze ans. « C’était mon premier tour en solo. Comme toutes les premières fois, ça m’a marqué, c’est ma référence. Ce fut un parcours initiatique, j’ai découvert ce que j’étais capable de faire, ou pas capable d’ailleurs. Je me suis jaugé. » Quelques mois avant le départ de l’édition 2000, la jauge interdit les mâts basculants. Le 60 pieds open Sodebo doit donc être reformaté. « Ce bateau ne me ressemblait pas, il a été dénaturé. Du coup, je me suis mis la pression en course. Pour faire le Vendée Globe, il faut être en osmose avec son bateau. En tout cas, j’ai vécu des choses incroyables. J’ai barré onze jours sans dormir quasiment. C’était cauchemardesque mais hyper formateur. Ce qui est difficile et à la fois magique dans le Vendée Globe, c’est que tu as beau te faire des scénarios, la course ne ressemble en rien à ce que tu imagines. Tu ne sais pas finalement si tu as raison ou tord, où tu te situes intérieurement par rapport aux autres. Mon rêve ? Ce serait un Vendée Globe en multicoque ! »

 

Thomas et Sodebo, après avoir établi le premier record de la Méditerranée il y a quelques jours (Marseille-Carthage en 1j 01h36’), vont s’attaquer à La Route de la Découverte (entre Cadix et San Salvador), avant de tenter de décrocher le Graal autour du globe. Comme l’albatros, ils parcourent les mers sans jamais s’arrêter…

 

Olivia MAINCENT

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