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Alan Roura, le Vendée Globe à 23 ans ?

Portrait du skipper suisse Alan ROURA
© Christophe Breschi

Une Mini-Transat pour tes 20 ans en 2013, une Transat Jacques Vabre qui vient de se terminer après deux ans en Class40, et la perspective d’un Vendée Globe imminent, cela s’enchaîne vite pour toi…
Alan Roura : « Les supports se suivent et se succèdent, effectivement. Depuis la Mini, le Vendée Globe reste mon but ultime. Cela se bouscule et se précipite un peu, mai j’ai la chance de pouvoir récupérer ce bateau. Après la Route du Rhum qui s’est trop vite arrêtée sur avarie, je suis allé le voir en Estonie, où son propriétaire, un ami de la Mini, le gardait précieusement au chaud dans un hangar. Alors que j’étais en pleine préparation  de la Transat Jacques Vabre, j’ai saisi l’occasion de le louer. J’ai navigué à bord pour la première fois il y a quelques semaines, sur un convoyage au départ de Caen. Avec deux co-équipiers, qui mettaient aussi pour la première fois le pied sur un monocoque IMOCA, nous sommes arrivés fin décembre, ici, au port de Lorient. »

© Jacques Vapillon / Vendée Globe Ce bateau au solide palmarès a donc été l’élément déclencheur ?
AR : « Les places pour prendre pour le départ aux Sables d’Olonne à l’automne prochain, tout comme les 60 pieds disponibles, sont de plus en plus rares. J’ai le bateau, et c’est le bon ! Ce monocoque, c’est toute une histoire à mes yeux. Bernard (Stamm) l’a construit au fond de son jardin, dans le Finistère, grâce à toutes les énergies qu’il a su rassembler autour de lui pour prendre le départ de son premier Vendée Globe. C’est l’un des meilleurs de sa génération. Même si les IMOCA ont beaucoup évolué depuis, ce bateau a toujours bien marché. Il a toutes les caractéristiques pour boucler la boucle de belle manière. A bord, le challenge sera physique, mais j’ai la santé, l’énergie et l’envie. Les délais de préparation sont jouables. Le budget pour le mettre à la jauge, le préparer et l’optimiser reste raisonnable. Toutes les conditions sont réunies. Pourquoi attendre 2020 ? Ce Vendée Globe, c’est un peu fou… mais, c’est possible ! »

Comment abordes-tu ce tour du monde que tu prépares sous le signe de la jeunesse ?
AR : « La question de l’âge m’importe peu, je ne me la pose pas. Sur le papier, c’est forcément un désavantage. C’est difficile de compter mon expérience en nombre d’années. Dès mes deux ans, j’ai vécu sur un bateau,  toute mon enfance et mon adolescence ont été un apprentissage maritime permanent. Mine de rien, par la force des choses, j’ai accumulé un paquet de milles. Je connais le large, cela ne me fait pas peur. Je vis très bien la solitude aussi, puisque après 25 jours sur la Mini, je voulais aussitôt repartir. J’aime être en mer, prendre soin du bateau, l’entretenir, le régler, le faire avancer… Aujourd’hui, même si je ne connais pas le Pacifique au-delà des Quarantièmes, j’ai plus d’appréhensions à l’idée de rentrer dans la peau d’un chef d’entreprise, pour gérer et mener à bien ce projet à terre, que de faire équipe avec mon bateau dans le Grand Sud. »

Quel est ton programme jusqu’au départ ?
AR : « Le bateau va rentrer en chantier début mars. On va contrôler le mât, la quille, et lui prodiguer une grande remise à niveau afin que je puisse faire ma qualification au printemps. L’objectif n’est donc pas d’engager des travaux importants, mais de rester dans la philosophie de ce bateau simple, léger et fiable. D’ici là, il s’agit d’aller de l’avant pour rassembler et fédérer des compétences autour de moi : un conseiller technique, un spécialiste des matériaux composites, un entraîneur sportif, etc. J’ai déjà un cercle familial et d’amis proches et fidèles qui me soutiennent, mais à ce niveau là, à cette échelle de projet, il faut vite que je trouve un ou des partenaires pour me donner les moyens de partir dans les meilleures conditions possibles.  »

Comment expliques-tu ta fascination pour cette course ?
AR : « Cette course m’accompagne depuis toujours. L’édition qui m’a le plus marqué reste celle de 2000-01. J’avais 7-8 ans et on partait pour notre première transat en famille. J’ai un souvenir très fort des images d’Ellen Mac Arthur montant, équipée de son casque, en tête de mât pour réparer son Kingfisher. Elle débarquait un peu de nulle part. Elle part, elle en prend plein la gueule, et elle termine deuxième au terme d’un superbe parcours… Une belle leçon de vie qui donne du courage, et qui me donne aujourd’hui l’envie d’aller, avec ce bateau, me mêler à la bataille avec ceux de sa génération. On sera une jolie petite clique de skippers engagés sur des 60 pieds au potentiel similaire. Aujourd’hui, je suis heureux, et fier aussi, d’être en mesure de pouvoir représenter les marins du lac Léman sur la course. On verra si j’y arrive, mais être au départ pour reprendre le flambeau de Bernard (Stamm) et Dominique (Wavre) autour du monde, ce sera une première victoire. »

Propos recueillis par Laure Faÿ - Agence Mer & Media

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