2016 Tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance

Articles > Pourquoi la voile est-elle intéressante pour les sponsors ?

Pourquoi la voile est-elle intéressante pour les sponsors ?

Articles |

Si le sponsoring est une source de revenus importante mais pas vitale pour la plupart des disciplines sportives, il est absolument indispensable dans la course au large. En retour, la voile, et notamment le Vendée Globe, peuvent s’avérer être un moyen très intéressant pour une entreprise d’augmenter sa notoriété.

Commentaires 1

Dominique Wavre - Mirabaud
© Thierry Martinez / Sea and Co

C’est une évidence, la voile n’est pas un sport comme les autres. Cela est valable aussi bien sur le plan purement sportif que sur le plan économique. Pour monter un projet Vendée Globe, par exemple, il faut de l’argent. Cet argent ne sort pas de la poche du skipper mais d’un, voire plusieurs sponsors. Ces derniers ne sont pas philanthropes, s’ils investissent dans ce domaine, c’est qu’il y a une bonne raison. La course au large est un bon moyen pour une entreprise de véhiculer un message. « Il y a une dimension environnementale et une dimension d’aventure, de défi, qui peuvent être intéressantes pour entreprise », explique Frédéric Bolotny, consultant en économie et marketing du sport.

« La voile, c’est plutôt un bon rapport qualité-prix » entre l’argent investi et les retombées en termes d’image et de notoriété, précise-t-il avant d’ajouter : « Le Vendée Globe est particulièrement intéressant pour des marques françaises ou qui veulent s’implanter en France. » C’est le cas pour PRB par exemple. L’actuel partenaire de Vincent Riou est au départ de chaque Vendée Globe depuis 1992 et compte deux victoires à son actif (Michel Desjoyeaux 2000-2001 et Vincent Riou 2004-2005). Depuis, la société vendéenne s’est affirmée comme un des leaders sur le secteur des produits de revêtement du bâtiment avec 18% de parts de marché en France.

Les effets positifs d’un tel investissement peuvent également se faire sentir en interne. « Si une entreprise cible l’interne, il faut activer les choses avec des jeux-concours par exemple. Il faut récompenser les salariés, détaille Frédéric Bolotny. Si on cible d’autres industriels en B to B, il faut faire des RP (ndlr : relations publiques), il faut les inviter. Il y a tout ce qui se fait en marketing viral aussi, c’est devenu incontournable. Tout doit être fait en fonction de l’objectif. »

L’incertitude existe tout de même

Même si « la voile fait partie des univers les plus structurés en termes de marketing sportif », il existe toutefois certaines limites au sponsoring dans ce domaine. Il est important de souligner que « la visibilité donnée à chaque marque est inversement proportionnelle au nombre de concurrents ». Par ailleurs, si le fait de soutenir un skipper très médiatique pourrait, selon toute vraisemblance, offrir davantage de visibilité à une marque, l’effet inverse peut se produire : « On appelle ça un skipper paravent. La marque peut disparaître derrière lui. »

Enfin, et surtout, l’un des gros risques pour un sponsor est « l’aléa sportif parce qu’il peut y avoir de la casse en voile ». Quel peut être l’effet d’une avarie sur l’image d’un sponsor ? « Je ne pense pas qu’il y ait de transfert et que les gens se disent que les produits de la marque ne sont pas solides, répond Frédéric Bolotny. On sait que les bateaux sont soumis à des éléments que l’on ne retrouve pas dans d’autres sports. Par contre, si le sponsor s’offre une visibilité ponctuelle au moment de l’avarie, il se prive d’une visibilité qu’il aurait pu avoir pendant le reste de la course, surtout si cela se produit loin de l’arrivée. » L’incertitude du résultat, voilà ce qui rapproche la voile des autres sports.

Grégoire DUHOURCAU

En continu

1/383 > Toute l'actu

NEWSLETTER

Twitter

Facebook