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Florence Juillard : « Environ 5000 calories par jour »

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Florence Juillard, la responsable de l’avitaillement au sein du Virbac-Paprec Sailing Team, nous explique son travail préparatoire pour le Vendée Globe auprès de Jean-Pierre Dick.

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Jean-Pierre Dick
© V.Curutchet/Dark Frame /Virbac-Paprec Sailing Team

Jean-Pierre DickFlorence Juillard, Jean-Pierre Dick suit-il un programme alimentaire spécifique pour préparer la course ?
Jean-Pierre a une phase de « supplémentation » (ndlr : compléments alimentaires) pour équilibrer ses repas et combler ses besoins sportifs. A terre, le skipper fait attention à son alimentation pour respecter l’équilibre nécessaire à un sportif de haut niveau.

Quels sont les besoins énergétiques pendant une course comme le Vendée Globe ?
Les menus de Jean-Pierre sont préparés sur une base d’environ 5000 calories par jour. Cela peut varier selon les conditions climatiques rencontrées lors de la course. Pour information, les apports journaliers recommandés pour un homme avec une activité moyenne se situent entre 2200 et 2700 calories par jour.

Comment se passe la préparation alimentaire en amont de la course ? Dans quelle mesure Jean Pierre Dick intervient-il ?
Jean-Pierre travaille avec une nutritionniste, Eve Tiollier, depuis le début du projet pour l’élaboration de ses menus en fonction de ses besoins et goûts. Une fois les menus définis, la nutritionniste m’envoie les menus. Je commande l’ensemble des produits pour le Vendée Globe. Dès réception de l’ensemble, je prépare des sachets journaliers correspondants au menu donné par la nutritionniste. Tout cela en fonction du nombre de jour de course définis par Jean-Pierre.

Y a-t-il des aliments qui sont privilégiés par rapport à d’autres ? Certains, au contraire, sont-ils écartés d’office ?
Non, il n’y a pas d’aliments privilégiés, chaque aliment a son apport énergétique. Le choix se fait en fonction des goûts du skipper et des contraintes liées au bateau et à la conservation des aliments. Jean-Pierre privilégie à 95% les lyophilisés pour des contraintes de poids, complétés par des produits frais (grisons, fromage, saucissons secs, fruits secs, oléagineux, pain).

La plaisir du repas doit être un élément essentiel pour le skippeur. Comment réussir à concilier gourmandise et besoin nutritif ?
Avant le départ, le skipper teste et approuve les produits embarqués (plats divers et variés, même en lyophilisés). A cela s’ajoute des péchés mignons...

Quels sont-ils, justement, ces péchés mignons ?
Jean-Pierre embarque des biscuits Saint Michel et Bonne Maman, mais aussi du chocolat d’une chocolaterie de Ploemeur et du bon thé.

 

« L’alcool ? Il n’y a pas d’interdiction »

 

Par ailleurs, il faut prendre en compte le fait qu’on ne peut pas emporter un stock trop important de nourriture sur le bateau en raison de la charge que cela représente. Comment gérer cela ?
Nous embarquons un nombre de sachets définis en fonction des prévisions de temps de course. Pour limiter le poids, les sachets journaliers contiennent principalement des aliments lyophilisés.

Jean-Pierre DickComment est répartie la consommation des aliments ? Qu’est-ce qui est mangé en premier ? En dernier ?
Les produits frais préparés pour le jour du départ sont mangés en premier (par exemple, une salade préparée : pâtes aux lardons, noix, tomates cerises, fromage, saucisson à grignoter puis fruits frais). Ensuite très rapidement, Jean-Pierre attaque les lyophilisés jusqu’à la fin de la course.

La position géographique (et donc les variations de température) fait-elle varier la consommation alimentaire ?
Oui, la consommation alimentaire varie en fonction de la position géographique. Par exemple, dans le grand sud, dans un climat froid, on rajoute matin et soir une collation composée de fruits secs, oléagineux et viandes des grisons.

Comment ces aliments sont-ils préparés une fois à bord ? Les skippeurs n’ayant pas vraiment beaucoup de temps à consacrer à la cuisine une fois en mer, tout est fait pour que la nourriture soit consommable facilement et rapidement, non ?
Oui. Le skipper a juste à faire chauffer de l’eau dans le « jetboil » (ndlr : un réchaud à gaz multifonction) et à l’intégrer avec les produits lyophilisés.

A quoi ressemble un repas-type ?
Par exemple, au petit déjeuner, on peut retrouver du « cooked breakfast » lyophilisé, deux morceaux de pain avec de la confiture et du miel. Au déjeuner, un plat lyophilisé type agneau, pâte bolognaise ou autre, 50 grammes de jambon et un dessert lyophilisé de type gâteau de semoule. Au goûter, une boisson énergétique, une barre chocolatée, des fruits secs et oléagineux. Enfin, au dîner : un plat lyophilisé Pasta Milanese, du fromage et un yaourt aux fruits rouge.

Que boit Jean-Pierre Dick ?
De l’eau et des boissons d’effort et d’attente en fonction de l’activité à bord (manœuvres, etc...)

L’alcool est-il autorisé ?
Il n’y a pas d’interdiction. Cependant Jean-Pierre ne tient pas à en embarquer sauf pour célébrer une occasion particulière (Noël ou Jour de l’An) et le mythique passage du Cap Horn. Pour le Vendée Globe, Jean-Pierre aura une petite bouteille de champagne Mumm.

Mélaine HARNAY

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