2016 Tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance

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Alberto Monaco : « Alessandro est un fou »

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Un jour, un skipper - Alberto Monaco est un ami très proche d’Alessandro Di Benedetto, qu’il aide dans sa préparation. C’est sous l’œil bienveillant du skipper de Team Plastique qu’il a accepté de répondre à quelques questions sur la relation qui les unit. Entre deux éclats de rire.

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Team Plastique
© Olivier Blanchet / DPPI

Alberto Monaco, comment avez-vous rencontré Alessandro et depuis quand le connaissez-vous ?
Je connais Alessandro depuis longtemps. Je l’ai rencontré quand il a terminé sa traversée de l’Océan Pacifique avec le petit catamaran (ndlr : en 2006). Ensuite, je l’ai aidé à préparer le Petit Jaune (ndlr : le 6,50 mètres avec lequel il a effectué le tour du monde en solitaire en 2009-2010), j’étais très enthousiaste vis-à-vis de son projet. Nous avons commencé à travailler ensemble tous les soirs quand je rentrais du travail, nous avons terminé le bateau ensemble en Sicile. Je pense que nous avons formé une bonne équipe (Alessandro le coupe : « La preuve, le bateau n’a pas cassé ! »).

Comment décririez-vous Alessandro en quelques mots ?
C’est un fou ! Comme tous les solitaires. Je pense que c’est le plus grand marin que j’ai jamais connu et il l’a démontré avec son aventure. C’est la plus grande aventure que l’on puisse faire en solitaire autour du monde. Je ne suis pas un solitaire, je ne fais pas de tour du monde donc je suis fasciné par ce qu’a fait. Il n’y a pas beaucoup de personnes capables de faire cela. Je pense même que c’est le seul. Maintenant, on va préparer une aventure qui est totalement différente. C’est une régate, une course, il ne sera plus « seul », c’est une autre aventure.

Que pouvez-vous dire de sa personnalité ?
C’est difficile ! (sous la « menace » d’Alessandro) Il a quelque chose qui diffère de tous les autres : il connaît tout de son bateau, il sait tout ce qu’il y a à bord, comment il est construit, arrangé. Je pense que c’est le seul skipper qui connaît aussi bien son bateau.

 

« Qu’il parte sans douter »

 

Avez-vous une petite anecdote à son sujet ?
Le souvenir le plus intéressant est certainement quand son mât s’est cassé au milieu du Pacifique lors de son tour du monde en 6,50 mètres. Nous avions beaucoup travaillé ensemble avant et je lui avais parlé de ce mât en lui disant qu’il allait peut-être casser. Quand c’est arrivé, Alessandro m’a appelé, il était 1h du matin (« le 30 mars 2010 », précise Alessandro). J’ai répondu au téléphone et il m’a dit : « Tu avais raison, j’ai démâté » (éclats de rire des deux amis). Nous avons parlé longuement au téléphone, à peu près deux heures, pour la réparation. Je lui ai donné tous les conseils que je pouvais. Et je suis content qu’il soit resté un peu plus haut en termes de latitude ; nous en avions parlé avant. La semaine avant de casser, il était passé de 50° sud à 42° sud. C’était le seul conseil que je lui avais donné avant de partir. La même réparation n’aurait peut-être pas été possible à 50° sud.

Quel est votre rôle dans la préparation ?
(Très important ! », s’exclame Alessandro) Je ne fais rien ici sur le bateau ! (nouveaux éclats de rire) On va beaucoup discuter avec Alessandro. Je voudrais seulement qu’il puisse partir sans aucun doute concernant son bateau. Je suis là pour ça.

Quels vont être vos contacts pendant la course ?
C’est interdit, il n’a pas le droit de recevoir d’assistance mais du coup, nous discutons énormément avant. Je le connais et je sais plus ou mois quelle route il va prendre car nous avons tout bien préparé avant.

Grégoire DUHOURCAU

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