Servane Escoffier : « Passionné, fonceur, déterminé »
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Un jour, un skipper - Servane Escoffier est une femme active. Que ce soit sur terre ou sur mer, la navigatrice ne chôme pas pour aider au mieux son compagnon, Louis Burton. A deux semaines du départ, la jeune maman se confie sur cette aventure Vendée Globe.
Servane Escoffier, est-ce que vous pouvez me décrire Louis en quelques mots ?
C’est quelqu’un de passionné, de fonceur, de déterminé et qui est très humain.
Il s’agit de son premier Vendée Globe, le sentez-vous prêt ?
Oui. Après, étant donné que c’est la première fois qu’il part pour le Vendée Globe, je ne sais pas si on peut dire qu’il est vraiment prêt tant qu’il ne l’a pas affronté. Mais en tout cas, je le sens déterminé, motivé à fond et heureux d’y participer.
Vous êtes une navigatrice confirmée, avez-vous donné des conseils à Louis pour la course ?
Vu que je n’ai pas fait le Vendée Globe, je me garde bien de donner des conseils sur quelque chose que je n’ai pas fait. En revanche, on parle de certaines choses mais je ne me permets pas de lui dire « fait comme ci ou comme ça ». Mais on discute beaucoup.
On imagine que vous comprenez la dureté d’un Vendée Globe et notamment ses dangers…
Le Vendée Globe est vraiment une course d’endurance donc la principale complexité, c’est de ne pas se mettre dans le rouge tout de suite. Je pense que Louis a vraiment envie d’être raisonnable sur cette course et de la terminer mais je crois qu’il a conscience qu’il part pour trois mois de mer.
Quelle a été votre réaction quand il vous a annoncé qu’il allait participer au Vendée Globe ?
Je lui ai tout de suite dit que je le soutenais à fond dans son projet. Bien sûr il y a toujours un peu d’appréhension quand on laisse partir un proche, mais je lui ai dit que je ferai de mon mieux pour être bien à ses côtés. Il sait que je serai là pour gérer la partie à terre, la maison et la famille.
« C’est très agréable d’avoir une passion commune »
Vous êtes tous les deux dans le milieu de la voile, ce n’est pas trop difficile à gérer au quotidien ?
Non, c’est juste un peu d’organisation (rires). Mais plus sérieusement, c’est très agréable d’avoir une passion commune où l’on peut parler de tout.
Votre statut de nouveaux parents a-t-il changé quelque chose par rapport à votre vision du métier ?
L’arrivée d’un bébé change forcément beaucoup de choses. Mais pour le Vendée Globe de Louis, la question ne s’est pas trop posée puisqu’il savait avant de s’engager pour le Vendée qu’il allait être papa. Ça n’a pas changé quoi que ce soit à sa détermination. En septembre, Louis est parti en mer quelques jours pour s’entrainer, il tient son planning toujours de la même manière. Après c’est sûr que quand il est à la maison, il profite vraiment un maximum de son fils et il s’en occupe très bien.
Comment vont se passer les contacts avec Louis pendant la course ?
Je pense que ça va être des contacts par mails très réguliers et des appels téléphoniques. Mon rôle va être de m’occuper de mon petit puisqu’il va avoir un an au moment du départ (ndlr : le 30 novembre) donc je vais lui parler tous les jours de son papa, lui montrer des photos. De l’autre côté, Louis se tiendra informé de l’évolution des choses.
C’est une épreuve de quitter son enfant à peine un an après sa naissance…
Il y a plein de métiers où les parents sont absents mais c’est vrai qu’on va mettre des choses en place. Par exemple pour son anniversaire, on va lui prévoir une mini-bouteille pour qu’il puisse fêter l’anniversaire de son fils à bord du bateau. On va tout faire pour que Louis soit de la fête.
Quels sont les objectifs de Louis pour ce Vendée ?
Louis aime beaucoup la compétition donc il va tout faire pour être vraiment dans le match. Après bien sûr que pour un premier Vendée Globe, le but est de terminer.
Est-ce que vous seriez tentée par une aventure Vendée Globe dans le futur ?
J’étais qualifiée sur le dernier Vendée Globe mais je n‘avais pas trouvé assez d’argent. Aujourd’hui, chaque chose en son temps et l’essentiel pour l’instant, c’est le projet de Louis ; ce qui nous met déjà pas mal de choses dans la tête. Donc je ne me pose pas la question. On avance pour que Louis fasse un bon Vendée Globe et qu’il ait toutes les conditions réunies pour réussir. On verra pour le reste à son retour.
Arthur GUYARD
