2016 Tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance

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A la cravache

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Sans aucun doute, le Vendée Globe a changé d’ère. Il est révolu le temps où les solitaires, à l’approche du grand Sud, se dressaient debout sur les freins pour tenter de réfréner les ardeurs de leur machine. Alors que la première dépression est en train de cueillir les hommes de tête, bizuths comme vieux routiers haussent encore d’un cran leur niveau d’exigence. Tous ont en tête que les heures à venir peuvent être cruciales et que se faire décrocher d’un système météo pourrait avoir des conséquences qui, sans être irrémédiables, les fragiliseraient dans leur lutte pour les premières places.

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Bernard Stamm 2012
© Jean-Marie Liot / DPPI

Au diable les prudences de bon aloi, il s’agit de montrer dans ce bras de fer qui oppose les leaders que l’on est bien présent et qu’on ne va pas s’en laisser conter. Et logiquement, les records tombent. C’est, pour l’heure, François Gabart (MACIF) qui récolte la timbale, mais Jean-Pierre Dick ou Bernard Stamm auraient pu tout aussi bien figurer dans les prochaines tablettes du WSSRC, l’organisme qui recense les meilleures performances mondiales de la course au large. Les 468,72 milles avalés en vingt-quatre heures d’Alex Thomson (Hugo Boss) ont été relégués dans l’histoire, non seulement par un bizuth culotté dont on se demande quelles sont les limites, mais aussi par Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3) et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat). En moins de vingt-quatre heures, trois hommes auraient pu inscrire leur nom sur les tablettes de l’honorable organisme certificateur, ce qui témoigne de l’âpreté de la lutte.

Car les enjeux sont de taille : à la porte des Aiguilles, l’anticyclone de Sainte-Hélène semble vouloir reprendre ses aises et la remontée vers la nouvelle porte de Crozet promet une bataille tactique d’envergure. Avoir un coup d’avance, dans ce contexte, est toujours plus sécurisant dans la conquête du podium.

Rester dans système

A ce petit jeu, Jean Le Cam (SynerCiel), Mike Golding (Gamesa) et Dominique Wavre (Mirabaud) forcent leur machine pour éviter de sortir du système météo dans lequel jouent les premiers. Plus à l’arrière encore, Javier Sanso (Acciona1 100%EcoPowered) se démène pour ne pas se faire retenir par l’anticyclone en formation au large de l’Argentine, quand la messe semble dite pour Arnaud Boissières (Akena Vérandas), Bertrand de Broc (Votre Nom autour du Monde avec EDM Projets), en passe de dépasser Tanguy de Lamotte (Initiatives-cœur). Il va falloir à ces trois-là une sacrée dose de philosophie pour relativiser leur déception de ne pouvoir coller au train des premiers. Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) détient peut-être une part de vérité en naviguant à sa main tout en veillant à prendre chaque jour le plaisir qu’il peut retirer de son périple autour du monde.

PFB

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